Les âmes d'Atala

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Boris Vian et L’OuLiPo, On n’y échappe pas

25/05/2026 - Commenter

Olympia press

Une avant-garde pornographique

Thibault Saillant

 

L’histoire littéraire du XXe siècle a gardé en mémoire Olympia Press comme le premier éditeur de Lolita de Vladimir Nabokov et des œuvres de Samuel Beckett, William Burroughs et Henry Miller. Auteurs de manuscrits maudits, rejetés par les maisons d’édition anglophones alors sous le joug des lois contre l’obscénité, c’est à Paris, dans les années 1950, qu’ils ont trouvé refuge auprès de cette enseigne.
Publiant en anglais, Olympia Press défie la censure américaine et britannique en exportant une littérature de contrebande appelée à la consécration, des traductions de Jean Genet et du marquis de Sade, ainsi que des romans pornographiques écrits par la bohème expatriée du Quartier latin.
À sa tête se trouve le flamboyant Maurice Girodias, éditeur, pornocrate, défenseur de la liberté d’expression, patron d’un night-club et plus encore. Condamné à la prison après une décennie de démêlés avec le gouvernement français, il installe Olympia Press à New York à la fin des années 1960. L’éditeur y publie SCUM Manifesto de Valerie Solanas et accompagne l’expression érotique de la contre-culture, mais doit faire face à la concurrence féroce d’une industrie pornographique en plein essor.
La fin de l’aventure d’Olympia Press, précipitée par de menus scandales, une internationalisation ratée, un incongru bras de fer avec l’Église de scientologie et un ultime procès diligenté par Scotland Yard, est à l’image de sa trajectoire, spectaculaire.

paru le Vendredi 20 Mars 2026
25/05/2026 - Commenter

Boris Vian et L’OuLiPo, On n’y échappe pas

23/05/2026 - Commenter

Clément Rosset

CLÉMENT ROSSET

Appel à contribution pour le numéro 39 d’Alkemie

Revue semestrielle de littérature et philosophie

Clément Rosset semble avoir très tôt saisi – en découvrant les œuvres d’Arthur Schopenhauer, Blaise Pascal, Michel de Montaigne, et bientôt celle de Lucrèce, ou celle de Friedrich Nietzsche – que le philosophe et l’artiste obéissent au même mobile, au sens où on parle du mobile d’un crime dans une investigation policière. Ils partagent inévitablement leurs jouets et leurs cuivres habituels : les mots. De même que, pour forcer une serrure, le cambrioleur sort de sa trousse les ustensiles du serrurier, de même, plus souvent qu’on ne le croit, le philosophe commet l’effraction et l’artiste procède à la réouverture ou à la constatation des dégâts, des larcins, à l’évaluation du pedigree du visiteur. Ce fut largement le cas des penseurs évoqués plus haut, c’est le cas de Clément Rosset lui-même, dont les intuitions – le tragique, puis le double – ont travaillé les artistes, ou le simple quidam lettré, bien avant les universitaires.

Tout comme le poète, ou même comme l’auteur d’intrigues policières, le philosophe instruit des crimes imaginaires, mais si bien taillés dans l’étoffe du crime réel – crime parfait que de naître, crime encore plus parfait que de vivre (Rosset) – qu’on ne sait jamais dire, du récit et du commentaire philosophiques, lequel en divertit et lequel en instruit. Voyez Platon et son fameux parricide, Platon dont on ne doit pas simplement dire que sa philosophie et ses dialogues sont indissociables, mais bien qu’ils sont indiscernables. Le philosophe, lui aussi, consacre sa vie au problème de l’existence (Schopenhauer), ou plutôt au fait de l’existence, au fait qu’il y ait quelque chose plutôt que rien. Simplement – et on pourrait là encore poursuivre le parallèle avec les artistes – certains philosophes se voient toucher à un réel extérieur à l’existence, et néanmoins censé l’éclairer comme de l’intérieur, tandis que d’autres esprits, pourtant eux-mêmes géomètres accomplis, en voient les principes autour d’eux, au milieu de nous tous (Pascal). La philosophie du tragique de Clément Rosset appartient, on le sait, à cette seconde famille de philosophes pour qui le réel est suffisant, parfait. Et comme Nietzsche, Rosset entendait dans une certaine musique, qu’elle soit savante (Ravel, Mozart, Offenbach) ou populaire (la Jota majorquine), l’adhésion inconditionnelle à l’existence dont il ferait sa philosophie.

On peut sans doute invoquer là, et dans une certaine mesure à juste titre, une sorte de déformation professionnelle consistant, pour un philosophe mélomane, à entendre dans la musique une philosophie sans mots. Mais Clément Rosset commet bien plutôt la gageure inverse de dire avec des mots – et en l’occurrence avec des raisonnements et des investigations philosophiques – ce que toute musique dit de sa réalité, de sa vie, de son fait. On doit donc plutôt parler d’un philosophe musicien, à propos de Rosset, en premier lieu parce que l’intuition qui serait son pari et sa méthode philosophiques – à la fois son chemin, sa matière et sa manière – est d’abord une intuition musicale, la révélation musicale du fait de l’existence – singulière et, sans explication, expliquant tout –, à l’écoute du Boléro de Javel (Rosset avait alors cinq ou six ans et ne savait pas encore bien prononcer les noms). L’objet musical, insolite, à la fois familier et déconcertant, lui offrira beaucoup plus tard, avec l’intuition du double (à l’écoute de la présentation, à la radio, de l’argument de l’opéra Œdipe de Georges Enesco, sur un livret d’Edmond Fleg), d’examiner le fait de l’existence, son énigmatique singularité, sous l’éclairage d’un unique problème philosophique : celui de la joie péremptoire éprouvée à exister, joie indifférente à l’irréel (au double), mais également à tous les arguments « taillant en pièces l’amour de la vie », arguments qu’une sensibilité lucide ne peut manquer de se présenter.

Les écrits philosophiques de Rosset oscillent ainsi entre la musique de ses mots (sa philosophie) et la philosophie « sans mot » de la musique. Ces deux musiques n’en font évidemment qu’une, et cela ne peut être étranger au fait que certains lisent ses abrégés de philosophie comme on écoute des pièces musicales : pour le simple plaisir de la coïncidence avec l’existence et avec soi-même (et celui de la cogitation, par la même occasion). Rosset, tragique d’instinct, est tout autant un Ravel, ou un Mozart de la philosophie, qu’un Spinoza mettant ses pas dans les empreintes de ceux du divin Lucrèce, ou encore dans celles de Parménide. Ce côté musical explique sans doute aussi le fait qu’on oscille le plus souvent soi-même, à sa lecture, entre deux impressions dont aucune ne veut céder l’exclusivité à l’autre, comme dans la bucolique fable de Tchouang Tseu : l’impression de se réveiller philosophe, au détour d’une cogitation, d’une anecdote ou d’un argument de Rosset, comme d’un songe où l’on viendrait de mener la vie éphémère d’un artiste (d’un papillon, d’un musicien-danseur), mais sans pouvoir totalement se déprendre de l’impression d’être bien plutôt, à présent, un artiste (un papillon) se rêvant philosophe.

Voilà bien le pire que nous pouvons nous souhaiter en pratiquant, en guise d’hommage et pour présenter la philosophie de Clément Rosset, les registres d’écriture dans lesquels il était passé maître : l’essai, l’aphorisme, la dissertation, le récit, le portrait philosophique, la fable ou autre traité miniature et buissonnier. – Stéphane Prat

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Les articles, inédits et en langue française, sont à envoyer jusqu’au 1er décembre 2026. Les textes doivent être transmis au comité de rédaction, aux adresses info@revue-alkemie.com et mihaela_g_enache@yahoo.com (en format Word, 30 000 à 50 000 signes maximum, espaces comprises). Les normes de rédaction et autres indications aux auteurs sont précisées sur le site de la revue (http://www.revue-alkemie.com/_03-alkemie-publier.html).

Outre votre contribution, nous vous prions d’ajouter, d’une part, une courte présentation bio-bibliographique (400 signes environ) en français, et, d’autre part, votre titre, un résumé (300 signes environ) et cinq mots-clefs en anglais et en français.

Date limite : 1er décembre 2026.

Site de la revue Alkemie : http://www.revue-alkemie.com

Directrice : Mihaela-Genţiana STĂNIŞOR

(mihaela_g_enache@yahoo.com)

23/05/2026 - Commenter

21/05/2026 - Commenter

Une métaphysique de la hiérarchie sociale

Théorie du feu de camp

La hiérarchie, loin d’être le mauvais souvenir d’une époque révolue, continue de régenter nos rapports au travail ou comme dans les groupes militants. Personne, pas même ceux qui prétendent s’organiser sans ou contre elle, ne parvient à s’en défaire. Sans doute est-ce parce que nous peinons à nous la figurer et donc à la penser. En renversant l’image classique de l’échelle verticale, Ghislain Casas propose de considérer la hiérarchie depuis l’horizontalité d’un groupe réuni autour d’un feu de camp central dont chacun cherche à s’approcher le plus possible. En développant cette image et en interrogeant ses présupposés philosophiques et sociologiques, ce livre pose la question d’une vie sans pouvoir.

21/05/2026 - Commenter

Dirty Slap 10 Years Anniversary jour 1 = Shart Division + Utopie + Jasmine + Lùlù @ Malterie Lille - 5 juin 2026

19/05/2026 - Commenter

Élisée Reclus par Joël Cornuault

Élisée Reclus (1830-1905) ne fut pas seulement le « géographe le plus prolifique de tous les temps », il fut sans doute aussi le plus sensible.
Loin de réserver jalousement sa discipline aux spécialistes, cet anarchiste en géographie invitait à l’aborder comme l’occupation privilégiée d’un homme complet : selon lui, un homme doué de l’appétit du concret, actif, animé du désir ardent de refaire la terre et qui, de sa place, se sent lié aux forces du cosmos.
La terre, la science, l’art et l’humanité forment la matière des textes rassemblés dans cette nouvelle édition au format de poche. Depuis la préservation de la nature jusqu’à la rénovation urbaine, de la refonte du calendrier à la géographie comparée, de la condition animale à la critique de la divinisation de Marx par ses sectateurs mêmes, ils expriment la recherche de la totalité à conquérir par l’homme. Une totalité ouverte sur la vie, sur l’avenir et sur les autres.

à paraître le Vendredi 04 Septembre 2026
17/05/2026 - Commenter

Les âmes à la perm distro #3

Permanence distro #3 @ Maison du CCL Lille - 22 mai 2026

15/05/2026 - Commenter

15/05/2026 - Commenter

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