Destructarum Editionum Centuria
Destructarum Editionum Centuria
par Fernand Drujon, 1893
Que les aimables Bibliophiles contemporains qui jetteront un coup d’oeil sur le modeste essai que je leur offre veuillent bien, tout d’abord, excuser un titre d’allure si peu fin de siècle. Si pour le composer, en effet, j’ai pris ces trois mots dans le peu de latin qui me reste (et Dieu sait que je n’en possédai jamais beaucoup!) ce n’est pas pour rivaliser de grâces pédantesques avec les Vadius d’autrefois, mais bien parce que, dans leur brièveté, ces mots caractérisent assez clairement l’objet de mon petit travail.
Cet objet est celui-ci : je me propose de décrire un certain nombre d’ouvrages dont les éditions ont été détruites, en totalité ou en notable partie, par suite d’événements funestes, de catastrophes telles que les incendies, les naufrages, les révolutions, – voire même tout simplement par le pilon, ce redoutable exécuteur des oeuvres qui ne se vendent pas. Quand j’aurai ajouté que les articles que je vais réunir ne dépassent pas le chiffre cent, il faudra convenir que le titre pour lequel je demande grâce n’est pas trop mal justifié.
Ainsi donc, il ne s’agit plus ici, – comme dans une de mes précédentes études (1), – d’éditions volontairement détruites, soit par les auteurs soit par les libraires non plus que des Bibliothèques devenues la proie des flammes (sujet qui, soit dit en passant, pourrait fournir la matière d’une étude considérable) – mais uniquement d’éditions ou parties d’éditions anéanties par suite de désastres fortuits, par l’eau et le feu principalement ; – car, ainsi que l’a dit pompeusement le bon Schelhorn : « Neptune (Neptunus fluctivomus) ne s’est pas montré moins acharné contre les muses que Vulcain (claudus ille furcifer !). »
Peut-être s’étonnera-t-on que je n’aie réuni que cent articles dans les pages qui vont suivre : il y a tout lieu de penser, en effet, que, depuis la naissance de l’imprimerie, plus de cent éditions ont dû périr dans les conditions spéciales qui nous occupent. Cela est fort vraisemblable et, en réalité, au cours de mes recherches, j’ai recueilli un peu plus de cent indications de cette nature ; mais il en était, dans le nombre, de si peu sûres, que je me suis fait un scrupule de les admettre ici, préférant ne mentionner que les faits présentant une garantie d’authenticité suffisante. Il ne faut pas croire, d’ailleurs, que les renseignements abondent sur l’objet de cette étude qui, à ma connaissance du moins, n’a été effleuré très légèrement que par deux auteurs : Schelhorn (Amoenitates Literarice, t. 11, 1730), et M. G. Brunet (Dictionnaire de Bibliologie catholique, Migne, 1860). – Le présent travail est donc la première esquisse un peu étendue qui ait paru sur la matière.
(1) Essai bibliographique sur la destruction volontaire des livres ou Bibliolytie. Paris, maison Quantin, 1889, grand in-8°.
Ceci dit, voici, sans autre préambule, notre DESTRUCTARUM EDITIONUM CENTURA
1. – A COMPLETE VERBAL INDEX TO THE PLAYS OF SHAKSPEARE, adapted to all the Editions, comprehending every Substantive, Adjective, Verb Participle and Adverb used by Shakspeare ; with a distinct reference to every individual passage in which each word occurs, By FRANCIS TWISS, Esq., London, 1805, 2 vol. in-8.
La plus grande partie de l’édition de cet ouvrage a été, au dire de Lownde, détruite dans l’incendie qui éclata le 5 novembre 1807, chez Bensley. – Des exemplaires se sont vendus, en Angleterre, de 50 à 110 francs.
2. – AN EXACT CHRONOLOGICAL VINDICATION AND HISTORICAL DEMONSTRATION of our British Roman, Saxon, Danish, Norman, English Kings, su preme ecclesiastical jurisdiction, in, and over all spiritual or religious affairs, causes, persons, as well as temporal within their Realms… by WILLIAM PRYNNE. London, by Th. Ratclif 1666, 67 et 68 ou 1670, 3 vol. in-folio .
Cet ouvrage, communément connu en Angleterre sous le titre de Prynne’s Records, est devenu fort rare, parce que toute l’édition du premier volume, sauf 70 exemplaires, a péri dans l’incendie de Londres, en 1666, ainsi qu’une partie des exemplaires du second. – Un quatrième volume a été imprimé, au moins jusqu’à la page 400, mais l’édition ne s’est pas conservée et l’on n’en connait qu’un unique exemplaire, vendu 335 liv. ster. en 1849 (vente. Stowe), et aujourd’hui conservé à la bibliothèque de Lincoln’s Inn. – Brunet, Lownde et surtout l’ouvrage intitulé Oldy’s British Librarian, donnent des détails étendus sur ce précieux ouvrage, dont les rares exemplaires complets de trois volumes ont atteint les prix de 2,000 et 3,000 fr.
3. – AESOP’S Fables, with his Life in English, French and Latin. The English by Tho. Philipott ; the French and Latin by Rob. Codrington. London, 16,66, in-folio. Avec 112 figures par F. Barlow.
Ouvrage presque totalement détruit dans le grand incendie de Londres. – Des exemplaires en grand papier ont été vendus jusqu’à 250 fr
4. – ANCIENT (THE) AND PRESENT STATE OF GLOCESTERSHIRE. By sir ROGER ATKYNS, knt. London, 1712, in-folio de vii-859 pages, orné de 73 planches et du portrait de l’auteur, grav. par T. Kip.
Beaucoup d’exemplaires de cette édition furent détruits dans l’incendie de l’imprimerie W. Bowyer père, le 30 janvier 1712.
Seconde édition, donnée par les soins de William Herbert. London, 1768, in-folio de vi-452 pages, avec 73 planches, mais sans le portrait de l’auteur.
Cette réimpression fut en grande partie détruite, comme la première, dans un incendie de librairie. – C’est un des deux on trois cas connus d’un ouvrage ayant subi à d’eux reprises la même catastrophe.
Les exemplaires sauvés de l’une ou l’autre édition se vendent encore de 50 à 200 fr. selon leur condition.
5. – ANTHOLOGIE NOUVELLE, autrement : Recueil complet des poésies patoises de l’Isère ; introduction, texte revu et traduit, commentaire et glossaire, par J. LAPAUME. Grenoble, 1866, in-8.
Cet ouvrage n’est pas cité, dans les grands répertoires bibliographiques, au nombre des écrits variés de J. Lapaume. Je ne l’ai trouvé mentionné que dans la « Bibliothèque Bigillion » (1re partie, 1872, no 1736).- Le rédacteur du catalogue, le savant M. Claudin, y avait joint la note suivante : « Ce volume, complet en lui-même, porte sur le titre : tome IV et dernier. – C’est le seul qui ait paru. Le livre a ensuite été mis au pilon. »
6. – ANTIQUARIES (THE) MUSEUM, illustrating the Ancient Architecture, Painting and Sculpture of Great Britain, from the Time of the Saxons to the Introduction of the Grecian and Roman Architecture by Inigo Jones, in the Reign of King James 1. By JACOB SCHNEBBELIE. With Descriptions, etc. (By R. Gough.) London, 1791 1800. 13 fascicules formant un vol. in-4, orné de 50 gravures et planches en couleur, avec légendes par Gough.
Très rare, la presque totalité de l’ouvrage ayant été détruite dans l’incendie de la librairie Nichols, le 8 février 1808.
7. – ARS SIGNORUM vulgo character universalis et lingua philosophica. Qa (sic) poterunt homines diversissimorum idiomatum, spatio duorum septimanarum, omnia animi sua sensa (in rebus familiaribus) non minus intelligibiliter, sive scribendo, sive loquendo, mutuo communicare, quam linguis propriis vernaculis. Auctore GEOR. DALGARNO. Londini, excudebat J. Hayes, sumptibus authoris, 1661, pet. in-8 de vi-127 pp., avec une grande carte pliée.
Cet ouvrage que le Rév. R.-J. Todd et Ch. Nodier ont trouvé extrêmement ingénieux, a péri en très grande partie dans le grand incendie de Londres, en 1666 ; la plupart des exemplaires devaient être restés en magasin ; Locke considérait son exemplaire comme unique ; il s’en fallait de beaucoup qu’il en fût ainsi, puisque le Manuel cite plusieurs adjudications. – Une autre, cause de la rareté de ce livre serait aussi celle que j’ai fait connaitre ailleurs (Essai sur la Bibliolytie) : on a prétendu que le célèbre John Wilkins, évêque de Chester, aurait, pour se soustraire à l’accusation de plagiat, fait rechercher et détruire tous les exemplaires vendus avant l’incendie de 1666.
8. – ATLAND ELLER MANHEIM ATLANTICA, sive Manheim vera Japheti posterorum sedes ac patria, etc. Par OLAVUS, RUDBECKIUS. Upsalae, excudit Henricus Curio, 1675, 1689 et : typis et impensis authoris anno MDCXCVIII. 3 vol. pet. in-folio et 1 vol. d’atlas.
Un quatrième volume est connu sous le nom de : OLF RUDBEKS Atlands eller Manheim,- seu Manheimi pars quarta (Upsalae, typis et impensis autoris, 1702, in-folio, 210 P.).
Suivant Brunet, qui a minutieusement décrit cet ouvrage, ce quatrième volume, qui n’a point de titre particulier, fut mis sous presse, en 1702 ; mais à peine la troisième feuille du second alphabet était-elle achevée que l’imprimerie et tout ce qui en dépendait périt dans l’incendie qui détruisit une bonne partie de la ville d’Upsal. On ne connaît que cinq exemplaires sauvés du fragment du tome IV. – Presque tout le volume III a péri ; on n’a conservé que le très petit nombre d’exemplaires qui avaient été distribués avant le sinistre.
9. – BIBLE (THE), authorized version, with explanatory notes by that liberal minded pontiff Clément XIV. London, Kearsley, 1784, in-folio.
Les notes de cette édition sont écrites dans un esprit tout à fait libre-penseur et c’est bien à tort qu’on les a attribuées au pape c’est une supercherie littéraire sinon une simple spéculation de librairie. Elles ont fait d’ailleurs rechercher ce livre, devenu rare par une autre cause : une partie des exemplaires ont été détruits dans l’incendie des magasins du libraire. Lownde cite des adjudications de 400 à 750 Ir.
10. – BIBLIA POLYGLOTTA, hebraïce, chaldaïce, graece et latine ; cura et studio Benedicti Ariae Montani. Antuerpiae, typis Plantinianis, 1569-1573, 8 vol. in-folio.
Cette édition, connue aussi sous le nom de « Bible Royale » (Biblia regia), commencée sous les auspices du roi d’Espagne Philippe II, est belle et très rare, parce que, suivant Wendler (de variis raritatis librorum causis, § X), une grande partie des exemplaires périt en mer, par suite de naufrage, tandis qu’on les transportait en Espagne. Le Manuel, qui ne dit rien de cette particularité cite des adjudications assez modestes : 150 à 250 fr.
11. – BIBLIA SACRA POLYGLOTTA, Gallicè, Italicè, Hispanicà et Germanicè, Versiones praecipuas ab Ecclesiis Christianis hodiè receptas, aut vulgò approbatas, cornplectentia. Londini, in-4 (circà 1822).
De cette édition stéréotypée, due aux soins du Savant SAMUEL LEE il n’existe, disent Lownde et Timperley, pas un seul exemplaire complet. – L’édition entière, en effet, a péri dans l’incendie qui, en mars 1822, dévora les magasins de l’éditeur Samuel Bagster, établi à Londres, Pater-Noster-Bow. On ne put sauver que 23 exemplaires du Nouveau Testament.Timprleey ajoute que des parties d’éditions d’autres bons ouvrages furent également anéanties dans ce sinistre.
12. – BIBLIOTHECA AMERICANA SEPTENTRIONAL : Catalogo y noticia de los literatos que ô nacidos ô educados ô florocientes en la America septentrional espaniola, han dado a luz algun escrito, ci lo han dexado preparado para la prensa. La escribia el doctor D. JOSE MARIANO BERISTAIN DE SOUZA, del claustro de las universidades de Valencia y Valladolid,
etc. En Mexico, calle de santo Domingo y Esquina de Tacuba, 1816, 1819 et 1821.3 vol. in-folio.
Cet ouvrage fort important et d’une rareté excessive est si peu connu en Europe qu’on ne saurait peut-être en citer d’autre mise en adjudication que celle faite par Tross, en 1869 (Bibliothèque Andrade, n° 4.349). Le livre n’est d’ailleurs guère moins rare en Amérique, toute l’édition ayant servi à faire des cartouches pendant les guerres de l’indépendance. Il ne renferme pas moins de 3,687 notices sur des écrivains américains. – On trouvera d’intéressantes indications à son sujet dans « Turner’s Bibliographical Guide to American Literature, » London, 1859, in-8, pp. xi et suiv.
13. – BIBLIOTHECA CARMELITANA, notis criticis et dissertationibus illustrata, curâ et labore unius è Carmelitis provinciae Turoniae (FR. COSMA DE VILLIERS A S. STEPHANO), collecta. Aureliani, imp. Couret de Villeneuve,
1752. 2 vol. in-folio.
Ouvrage très rare, dit le rédacteur du catalogue Van Hulthem (a,, 21-389). – D’après le témoignage du fils même de l’imprimeur, il ne fut vendu qu’un très petit nombre d’exemplaires et le reste de l’édition fut mis à la rame.
14. – BIBLIOTHECA SCRIPTORUM QUI RES IN SICILIA GESTAS SUB ARAGONUM IMPERIO RETULERE,
eam uti accessionem ad Ristoricam Bibliothecam Carusii instruxit, adornavit atque edidit ROSARIUS GREGORIO. Panormi, è typographiâ regiâ, 1791-1792. 2 vol. in-folio.
Ce recueil important, indispensable complément de la « Bibliotheca » de Caruso, est devenu très rare, dit le Manuel, parce qu’une bonne partie des exemplaires a péri dans un incendie. – Vendu 161 fr. en 1840 et 67 fr. seulement, Libri, en 1857.
15. – BIBLIOTHECA TOPOGRAPHICA BRITANNICA . (By J. NICHOLS, R. GOUGH, J. DUNCOMBE, SAM. PEGG, Dr DUCAREL, etc.). London, printed by and for John Nichols, 1780-1790, 8 vol. in-4, avec figures.
Cet ouvrage a pour complément nécessaire le supplément intitulé
MISCELLANEOUS ANTIQUITIES, in continuation of the Bibliotheca Topographica Britannica. By JOHN NICHOLS. London, J. Nichols, 1791-1800. 2 vol. in-4, fig.
Soit en tout 10 vol. composés de 52 + 9 numéros on cahiers parus successivement et dont Lownde donne une description détaillée.
Les deux volumes du supplément valent à eux seuls presque aussi cher que les huit autres ; ils manquent presque toujours et sont fort recherchés ; leur rareté tient à ce que presque toute l’édition a été brûlée dans l’incendie qui détruisit l’établissement de J. Nichols, le 8 février 1808.
16. – BREVIARIUM NIDAROSIENSE. Holae, Mathieson, 1531, pet. in-folio.
M. G. Brunet, dans le supplément au Manuel, donne l’indication suivante : « Premier livre imprimé à Hoolum, en Islande, l’imprimeur était suédois ; il n’existait de cet ouvrage qu’un seul exemplaire, précieusement conservé dans la Bibliothèque d’Arnas Magnoeus, à Copenhague. Cette bibliothèque ayant entièrement péri dans le terrible incendie qui détruisit la plus grande partie de cette ville, en 1728, ce livre inestimable a disparu. »
17. – BRITISH TOPOGRAPHY, or an historical account of what lias been donc for illustrating the topographical Antiquities of Great Britain and Ireland (By RICHARD GOUGH.). London, 1780. 2 vol. in-4.
Ouvrage estimé, dit le Manuel, dont les exemplaires sont devenus rares, et qui avait antérieurement paru déjà en un seul volume in-4 (Londres, 1768). – Une troisième édition fut préparée dont le tome premier a été réduit en cendres dans l’incendie qui détruisit presque en totalité l’établissement de l’imprimeur John Nichols, le 8 février 1808.
18. – CAMBRENSIS EVERSUS : seu potius historica fides, in rebus hibernicis, Giraldo Cambrensi abrogata, etc. in quo, plerasque justi historici dotes desiderari, plerosque noevos inesse ostendit GRATIANUS Lucius hibernicus ; qui etiam aliquot res memorabiles hibernicas veteris et novae memoriae passim e re nata huic operi inseruit. Impress. anno 1662 (s.l.), in-folio de 356 pp. avec épître dédicatoire à Charles Il.
L’auteur, qui se cache sous le nom de Gratianus Lucius est JOHN LYNCH, évêque titulaire de Tuam, en Irlande, qui fut exilé en France, où, probablement, il a fait imprimer cet ouvrage dirigé contre Girald Barry. Le livre est des plus rares, l’édition ayant été détruite en très majeure partie dans le grand incendie de Londres, du moins on le suppose. – Des exemplaires se sont vendus jusqu’à 575 fr. – Une réimpression en 3 vol. in-8 a été faite, par Kelly, de 1848 à 1852.
19. – CAMPI ELYSII LIBER PRIMUS, graminum, juncorum, cyperorum, frumentorum, etc., figuras continens. Upsalae, Andr. Delen, 1702, in-folio de 224 pp. et 130 planches.
CAMPI ELYSII LIBER SECUNDUS, nomina et figuras bulbosarurn plantarum continens, etc. Upsalae, 1701, in-folio de 239 pp. et 2 ff.
Ouvrage dû à OLAF RUDBECK, fils de l’auteur de : Atland eller Manheim, dont il est parlé plus haut. – Ces deux volumes, dit le Manuel, composés de figures de plantes gravées sur bois, ne sont que le commencement d’un recueil qui, à ce qu’on prétend, devait former dix à douze volumes, mais dont il ne parut que ceux-ci. La première partie est devenue tellement rare qu’on a cru longtemps cette édition entièrement détruite. M. G. Brunet a donné le secret de cette grande rareté en faisant connaître que presque tous les exemplaires ont péri dans le grand incendie de la ville d’Upsal, au mois de mai 1702. – Sans doute un certain nombre d’exemplaires de la seconde partie, qui n’est rien moins que commune, périrent également dans la même catastrophe.
(Voir aussi l’article : Nora Samolad.)
20. – CASPARIS BARLEl Renom per octennium in Brasilia et alibi gestarum, sub praefecturâ comitis J. Mauritii Nassoviae, etc., Historia. Amstelodami, ex typographeio Joan. Blaeu, 1647, gr. in.-folio, orné de 50 planches à l’eau-forte, avec portrait et cartes.
Ouvrage curieux (les pp. 283-289 contiennent notamment un vocabulaire Chilien), mais peu recherché en France et beaucoup moins rare qu’on ne pourrait croire, bien qu’on affirme que la plupart des exemplaires ont péri dans l’incendie de la librairie de J. Blaeu. – Le Manuel ne le prise pas plus de 15 à 20 fr.
21. – CATALOGUES. – Certains catalogues de livres ont péri par des causes diverses ; la liste en pourrait, dit-on, être longue. Je me bornerai à citer les suivants :
CATALOGUE des livres de la bibliothèque de S. Ex. le comte Demetri Boutourlin. Par A. A. Barbier. Paris, 1805, in-8. Tiré à 200 ex. sur beau papier, assez rare.
Cette précieuse collection périt, comme on sait, dans l’incendie de Moscou. – Suivant une note manuscrite de Barbier lui-même, il est probable qu’à l’exception des exemplaires de ce catalogue donnés par le comte Boutourlin à ses amis, l’édition entière, envoyée à Moscou, aura eu le même sort que la Bibliothèque.
CATALOGUE des livres manuscrits et imprimés du cabinet de M. B. (Bourdillon). Paris, Merlin, 1830, in-8.
La vente de cette remarquable bibliothèque n’ayant pas eu lieu en 1830, les exemplaires du catalogue ont été mis an pilon.
CATALOGUE d’anciens livres et manuscrits de la bibliothèque de M*** (Motteley). Paris, Silvestre, 1841, in-8 de 335 pp. Très rare.
La vente n’a pas eu lien, et le catalogue a été supprimé.
CATALOGUE of the Stowe Library. Manuscripts, arranged for sale by Messrs. Sotheby, London, 1849, in-8, front. grav.
Très rare. Les manuscrits de cette collection célèbre ayant été achetés en bloc, à l’amiable, par lord Ashburnham, le catalogue en fat détruit. – On ne connaitrait, parait-il, que douze exemplaires complets du catalogue Stowe, ayant les six parties, y compris celle relative aux manuscrits.
22. – CHOROGRAPHIA SACRA BRABANTIAE Auctore ANT. SANDER0. Bruxellae, 1659-1669. 2 vol. gr. In-folio, avec figures.
Ce célèbre ouvrage de Sander, réimprimé à La Haye, en 1726-27, a fait l’objet d’un intéressant travail comparatif dans le Bibliophile Belge (1846, t. III, p. 97 à 124). – Le premier volume de l’édition originale, dit le Manuel, se trouve assez facilement pour 12 à 15 fr. ; mais le second est tellement rare que presque tous les bibliographes en ont ignoré l’existence ; on en connaîtrait à peine 12 exemplaires. Il passe pour certain que, à peine terminée, l’édition entière fut séquestrée et qu’après une suite de circonstances diverses, elle se trouvait, en 1695, dans le magasin d’un libraire de Bruxelles, où elle fut réduite en cendres, lors du bombardement de cette ville par les Français. – Il n’a donc pu se conserver que les exemplaires que l’auteur avait distribués à quelques personnes avant la mise sous séquestre. Le prix de ces exemplaires passés en vente est fort élevé, de 350 à 530 fr.
23. – CHRONIQUE DE METZ, de JACOMIN HUSSON, 1200-1525, publiée d’après le manuscrit autographe de Copenhague et celui de Paris, par Henry Michelant (de la Bibliothèque nationale). Metz, Rousseau-Pallez, 1870, in-8.
Ouvrage devenu très rare, l’édition ayant été brûlée dans l’incendie de l’imprimerie Rousseau, le 3 décembre 1871 il n’y a guère que les exemplaires des souscripteurs, au nombre d’une quarantaine, qui existent maintenant..
24. – CLAUDII CLAUDIANI OPERA, ex recensione RICHARDI HEBER. Londini, 1793-1796, in-8, non publié àcette date.
C’est le célèbre bibliophile Richard Heber qui avait entrepris, à ses frais, cette publication de luxe. Mais il ne tarda pas à s’en dégoûter et la laissa inachevée. Ce ne fut qu’après sa mort que l’on songea à tirer parti de ce qu’on hésitait à mettre entièrement à la rame. Une partie du tirage dut donc être sacrifiée et l’on composa cinquante exemplaires qui parurent avec le reste de l’ouvrage enfin complété sous la rubrique : Londini, ex officinâ G. Bulmer, 1836. – Ainsi plus de quarante années s’étaient écoulées entre l’impression de la première page et le tirage du dernier feuillet. (Voir : Lownde, Le Manuel et le Bulletin du Bibliophile, 1852, p. 1165)
25. – CONCILIORUM GALLIAE, tam editorum quam ineditorum collectio, temporum ordine digesta, ab anno Christi 177 ad 1563 ; opera et studio monachorum congregationis Sancti Mauri. Parisiis, sumptibus P. Didot, filii primogeniti, 1789, in-folio.
Le P. DANIEL LABAT dirigeait la publication de cet ouvrage considérable qui devait avoir huit volumes. Le premier, seul paru, s’étend de l’an 177 à l’année 591 ; il est très rare, la plus grande partie de l’édition ayant été détruite par suite des événements révolutionnaires. La première partie du tome second aurait été, diton, imprimée et aurait également été détruite. Cette collection des Conciles des Gaules devait renfermer nombre de pièces qui n’avaient pas été insérées dans les collections antérieures. – Un bel exemplaire de ce premier volume a atteint 81 fr. à la vente Pressac (J’ai déjà parlé de ce livre dans la Bibliolytie).
26. – CORAN (LE). On trouve la note suivante dans le «Bulletin du Bibliophile » de 1853 (p. 133).
Une bibliothèque très considérable existait à Tripoli, en Syrie, cent copistes y étaient attachés et travaillaient sans relâche. On y trouvait, dit-on 50,000 exemplaires du Coran, et 20,000 commentaires sur ce livre vénéré des musulmans… Les Croisés ayant pris Tripoli, en 1109, pensèrent qu’il fallait anéantir cette masse de livres anti-chrétiens, et tous ces manuscrits furent, sans examen, livrés aux flammes. – Ce n’est pas la seule fois que le Coran fut détruit en masse ; l’histoire d’Espagne fournirait maints exemples de destructions semblables.
27. – COUTUMES ET STATUTS DE LA VILLE DE BERGERAC, traduits de latin en français par Estienne Trellier, commentés par MM. de Lamothe, avocats. A Bergerac, chez J.-B. Puynesge, 1779, in-8.
Le Manuel de Brunet ne cite que deux éditions de 1598 et 1627 de cet ouvrage intéressant pour l’étude de notre ancienne organisation judiciaire provinciale. – Le seul exemplaire cité en ces derniers temps de l’édition ci-dessus décrite figurait au catalogue de M. Edouard Laboulaye (1884, n° 918). Sur la feuille de garde du volume, modestement habillé en basane, se trouvait la note manuscrite suivante : « Cet ouvrage provient de la bibliothèque de M. Ph. Ferrère, célèbre avocat de Bordeaux, qui l’avait fait chercher longtemps sans pouvoir se le procurer, presque tout le restant de l’édition ayant été détruit dans un incendie en 1792.
28. – CRITICAL CONJECTURES and observations on the new Testament, collected from various Authors, by WILLIAM ROWYER. London, 1782, in-4.
Troisième édition d’un livre fort estimé, paru pour la première fois en 17712 (in-8) et réimprimé encore, avec augmentations, en 1812 Suivant une note des libraires Willis et Sotheran (en 1859), l’édition ci-dessus décrite serait très rare, parce que la plupart des exemplaires auraient péri dans l’incendie qui détruisit l’établissement de l’imprimeur. Je n’ai, toutefois, trouvé nulle part la confirmation de cette indication.
29. – CRONICA DE LA POUCELLA D’ORLIENS.
– (A la fin) : Imprimiose la presente cronica d’la pocella en la muy noble et muy leal ciudad d’Sevilla por Dominico de Robertis a V de Noviebre,ano de MDXII (1512). Pet. in-4, goth. à longues lignes de 44 ff. y compris le titre, sign. a-e.
Ce Petit Volume est tout à fait inconnu, puisque aucun bibliographe n’en a parlé jusqu’à ce jour. – M. Miro dit qu’il en existait un autre exemplaire qui appartenait à l’empereur Napoléon III, mais il a été détruit dans l’incendie des Tuileries, en 1871. M. Miro considérait son exemplaire comme unique maintenant, exemplaire malheureusement en imparfait état (Voir le Catalogue de Don José Miro, n° 330, 1878).
30. – CUSTUMALE ROFFENSE from the original mss. in the Archives of the Deanand Chapter of Rochester, containing an Account of the foundations and Endowments of churches, chapels, etc. ; towich are added Memorials of that Cathedral Church., etc. By JOHN THORPE, A. M. London, 1788, in-folio de iv-264 pp., orné de 56 planches gravées et du portrait de l’auteur.
Edition détruite en grande partie dans l’incendie des magasins du libraire Nichols, le 8 février 1808. – Bel et intéressant ouvrage d’ailleurs, qui s’est vendu de 30 à 75 fr.
31. – DE MORINIS ET MORINORUM REBUS, sylvis, paludibus, oppidis, etc., à JAC. MALBRANCQ. Tornaci-Nerviorum, ex officinâ Adr. Quinqué,1639-47-54, 3 vol. in-4.
Ouvrage recherché, dit le Manuel, mais dont l’impression n’a pas été terminée (il s’arrête à l’an 1313). – Il est difficile de trouver les trois volumes réunis parce que le troisième est très rare. Suivant une note du catalogue J. Capron (Bruxelles, 1875, n° 721) cette rareté viendrait de ce que nombre des exemplaires dudit volume auraient été détruits dans l’incendie qui dévora les magasins de l’éditeur. – Des exemplaires bien complets et en bel état se sont vendus de 59 à 190 fr.
32. – DEFOE’S Complete Works, with Memoirs of his Life and Writings, by William Hazlitt. London, 1840-1843, 3 vol. gr. in-8, portrait.
Cette édition des oeuvres complètes de Daniel Defoë (ou De Foë) n’a pas été continuée, disent, sans plus de détails, Graësse, Lownde et Brunet. Elle renferme, toutefois, le « Robinson Crusoé » et une quinzaine de productions diverses du fécond écrivain. Elle est du reste extrêmement rare, et, s’il faut en croire les libraires Willis et Sotheran (Londres, 1866, n° 3.046) cette rareté serait due à ce fait que presque tous les exemplaires ont péri dans un incendie. C’est une indication àvérifier. – L’édition complète eût formé au moins une douzaine de volumes.
33. – DIALOGUES (THE) OF CREATURES MORALIZED, appliably and edificatifly to every mery and iocunde Mater, of late tralated out of Latyn into our Englysshe Tonge right profitable to the Gouernaunce of Man. Edited by Joseph Haslewood. London, 1816, in-4, grav. sur bois.
Cette réimpression d’un vieux et rarissime livret ne fut tirée qu’à cent exemplaires, dont deux seulement sur grand papier. – Il n’en périt pas moins de 58 dans l’incendie qui détruisit, pour la deuxième fois, les magasins de Bensley, le 26 juin 1819. – S’est vendu de 50 à 80 fr. L’impression est en gothique ; les figures sur bois sont curieuses et nombreuses.
34. – DICTIONARY OF THE HINDOSTANE LANGUAGE, in two parts : 1° english and hindostane ; 2° hindostane and english ; to which is prefixed a grammar of the hindostane language. By JOHN FERGUSSON. London, 1774, in-4.
Devenu très rare ; la presque totalité de l’édition ayant été envoyée aux Indes, une très grande partie des exemplaires a été perdue ou gâtée pendant la traversée. – S’est vendu jusqu’à 157 fr. ; mais vaut beaucoup moins aujourd’hui.
35. – FIDÈLE (LE) ET VAILLANT GOUVERNEUR ou Tableau raccourci de la vie et de la mort de messire Jean d’Allamont, seigneur dudit lieu et de Malendry, baron de Bussy, etc., chevalier profès de Saint-Jacques, gentilhomme de la bouche de Sa Majesté catholique, lieutenant de ses gardes allemandes, gouverneur, capitaine et prévost de Montmédy. Dédié à sa mémoire par un fidèle Patriot (sic) Luxembourgeois. A Liège, de l’imprimerie de Bauduin Bronckart, à Saint-François-Xavier, 1658, in-4, de 3 ft. 74 pp. et 1 f. pour le privilège, avec portrait de J. d’Allamont et plan de Montmédy.
M. H. Helbig a consacré un intéressant article analytique à cet ouvrage, dans le « Bulletin du Bibliophile Belge », t. XVII, p. 109-112). – Il nous fait Connaître que le « fidèle patriot luxembourgeois », l’auteur du livre, n’est autre que le P. GUILLAUME DE WAHA-BAILLONVILLE, jésuite ; que cette première édition (il en existe une seconde, datée de 1668, très connue) est des plus rares, et que cette rareté vient de ce que « le funeste embrazement survenu à Ruremonde, le vingtième de juin de l’année 1665, en a ensevely sous les cendres la plus part des exemplaires ». – Ceux-ci ont, en effet, péri avec le palais et la belle bibliothèque d’Eugène Albert d’Allamont, frère de Jean, évêque de Ruremonde et de Gand.
36. – FLANDRIA ILLUSTRATA, sive descriptio comitatus istius, cum tabulis geographicis et iconibus urbium, ecclesiarum, caenobiorum, arcium, etc. Auctore ANTONIO SANDERO. Coloniae Agrippinae, Corn. ab Egmond (Amsterdam, J. Blaeu), 1641-1644, 2 vol. gr. in-fol., nombreuses figures. Il devait y avoir un 3me vol. qui n’a pas paru ; les dessins des gravures qui devaient l’illustrer ont été conservés et sont aujourd’hui dans la Bibliothèque de Bruxelles.
Cette édition, bien plus recherchée que la réimpression de La Raye (1730 et 1735), fut, dit M. G. Brunet, en grande partie détruite dans l’incendie, qui, le 1er février 1672, ravagea les magasins de l’imprimeur-éditeur hollandais Blaeu. (Voir aussi plus haut un autre ouvrage du laborieux Sander : Chorographia sacra.)
37. – GENEALOGIAE FRANCICAE PLENIOR ASSERTIO, adversùs Jo.-J. Chiffletium, à DAV. BLONDELLO. Amstelodami, 1654, 2 vol. in-fol.
Sous le titre : Opera politica et historica (Anvers, 1652), Chifflet avait réuni en deux énormes in-folios tous les ouvrages qu’il avait publiés séparément contre la France, en faveur de l’Espagne et de la maison d’Autriche. David Blondel, alors atteint de cécité, entreprit de le réfuter dans l’ouvrage ci-dessus décrit. Son livre ne paraît pas avoir en grand débit, car, suivant M. Gustave Brunet, la plus grande partie des exemplaires, encore invendus, auraient été détruits, le 1er février 1672, dans l’incendie des magasins du libraire Blaeu.
38. – GLOSSARIUM SUEO-GOTHICUM… Auctore JOHANNE IHRE. Upsaliae, 1769, 2 vol. in-fol.
M. G. Brunet fait mention d’un SUPPLÉMENT à cet ouvrage très estimé, dû à Egerhard OLAFSEN, connu par son » Voyage en Islande (Soroë, 1772). – Suivant le savant bibliographe, ce supplément est de toute rareté, une grande partie de l’édition ayant été détruite dans un incendie.
39. – GRAND (LE) ATLAS, ou cosmographie blaviane. Par Jean Blaeu. Amsterdam, J. Blaeu, 1663, 12 vol. gr. in-fol., plus 2 vol. complémentaires.
C’est atlas, dit la Manuel, malgré son exécution splendide, a perdu la plus grande partie de son ancienne valeur et n’est presque. plus recherché. – Cependant on trouve difficilement les 14 volumes réunis (100 à 150 fr. au plus). Les exemplaires incomplets sont donnés, dans les ventes, au prix du vieux papier, ainsi que l’édition latine (11 vol. 1662), et « l’édition espagnole (Amsterdam, 1659-1672, 10 vol. in-fol.) quoique cette dernière soit devenue particulièrement rare, ayant été détruite, en grande partie, dans l’incendie qui réduisit en cendres les magasins de Blaeu, le 1er février 1672 « .
40. – GUIDE DU VOYAGEUR DANS LA VILLE ET LES ENVIRONS DE LIÈGE. S. 1. n. d. (Liège, Collardin, 1830), in-18, 72 pages.
L’auteur de ce curieux livret est CHARLES TESTE, fils du ministre dont le procès fit tant de bruit en 1847. Il n’a paru que 72 pages ; l’impression en fut interrompue par les évènements de juillet 1830 ; à cette date, en effet, MM. Teste père et fils habitaient Liège et s’empressèrent de revenir en France ; une bonne partie du tirage du petit volume inachevé fut mise au rebut et sans doute livrée au pilon.
41. – GUIPUZCOANO (EL) INSTRUIDO en las reales cedulas, despachos y ordenes que ha venerado su madre la provincia, par IGNACIO DE EGANA. San Sebastian, imprenta de Montero de Espinosa, 1780, in-folio.
On trouve la note suivante dans le catalogue de Francisque Michel (n° 2.196), rédigé par l’expert François, en 1858 : « L’édition ayant été détruite lors du siège de Saint-Sébastien par les Français, les exemplaires de cet ouvrage qui ont échappé au désastre sont de la plus grande rareté. »
42. HISTOIRE ECCLÉSIATIQUE DE LA PROVINCE DE NORMANDIE, avec des observations critiques et historiques, par un docteur de Sorbonne (CHARLES TRIGAN, curé de Digoville, né en 1694, mort en 1764). Caen, imprimerie de Pierre Chalopin, 1759-1761, 4 vol. in-4.
Cet ouvrage, qui devait avoir huit volumes, contient l’histoire de la Normandie jusqu’en 1204, époque où le duché fut réuni à la France. La mort de l’auteur vint interrompre cet important travail. Suivant une note du libraire François, les quatre premiers volumes auraient été vendus au poids pendant la Révolution ; d’autre part, d’après le savant Edouard Frère, ce seraient les héritiers mêmes de Trigan qui auraient dispersé ses manuscrits et se seraient partagé, pour les vendre à la livre, les quatre volumes déjà imprimés. – Cette seconde allégation paraît la plus vraisemblable. Toutefois, la destruction de l’ouvrage n’a pas été aussi complète qu’on pourrait l’imaginer puisque, en 1815, il en existait encore cinquante exemplaires en vente chez un confiseur (!) de la rue Saint-Jean. Le Manuel cite une adjudication de 66 fr. L’ouvrage les vaut bien à coup sûr.
43. – HYMNES (THE) AND SONGS OF THE CHURCH, by GEORGE WITHER. Edited with Introductory Preface by Sir Egerton Brydges. London, Bensley, 1815, in-12.
Cette réimpression, tirée seulement à cent exemplaires, a péri en majeure partie, chez l’imprimeur même, dans l’incendie du 26 juin 1819. – Les exemplaires sauvés ne valent guère que de 15 à 20 fr.
44. – HISTORY (THE) AND ANTIQUITIES OF PLESHY) in the County of Essex (By RICHARD GOUGH). London, John Nichols, 1803, in-4 de xx-192 et 132 pp., plus viii p. d’index, orné de nombreuses planches gravées ; tiré à 250 ex., dont 25 en papier fin.
Ouvrage intéressant et devenu rare, la plus grande partie des exemplaires ayant péri, le 8 février 1808, dans l’incendie de la maison Nichols. – Une nouvelle édition a été donnée en 1829. Les exemplaires sauvés de l’incendie sont cotés par Lownde de 50 à 125 fr.
45. – HISTORY (THE) AND ANTIQUITIES OF THE TOWN AND COUNTY OF LEICESTER. By JOHN NICHOLS. London, 1795-1815. 4 vol. in-folio, en 8 tomes, avec gravures. Edité à 60 liv. st. sur papier ordinaire et à 80 liv. sur grand papier.
Cette collection estimée est très amplement décrite dans le Manual de Lownde qui fait notamment connaître la particularité suivante : la première partie du quatrième volume fut détruite par le feu, en 1807, l’année même de son impression ; elle fut rééditée, dès 1810, avec la rubrique « 2e édition » ; mais il ne fut pas tiré d’exemplaires sur grand papier de cette édition nouvelle, aussi les exemplaires bien complets en grand papier sont-ils de toute rareté et atteignent-ils des prix très importants. – Ajoutons que cet ouvrage considérable eut un autre malheur : une bonne partie du second tome du troisième volume, imprimé en 1804, périt dans l’incendie de la maison Nichols, le 8 février 1808.
46. – HISTORY OF THE WESTERN DIVISION OF THE COUNTY OF SUSSEX, including the Rapes of Chichester, Arundel and Bramber, with the city and Diocese of Chichester, by the Rev. JAMES DALLAWAY. London, 1815-1819, 2 vol. gr. in-4.
Le deuxième incendie de l’imprimerie Bensley (26 juin 1819) fut particulièrement funeste à cette publication, car sur 500 exemplaires qu’on avait imprimés, il en périt 300 du premier volume et 470 de la première partie du second. – L’ouvrage fut complété en 1830. – Lownde donne des indications très détaillées sur cette importante production de Dallaway dont nous retrouverons le nom plus loin (Statuary and Sculpture, etc).
47. – HOLLANDTSCHE RYM-KRONYK, inhoudende de gheschiedenissen der Graven van Hollandt, tot het Jaer 1305. Door enen wiens naeme noch onbekent is voor 286 jaren beschreven. Met een voorrede des edelen C. Joukh. JAN DER VAN DOES, enz ; hier is noch by gevoeght de moort van Graef Floris, ende Gherrit van Velsens wedervaren : zangs-gewys. Amsterdam, by Barendt Adriaensz, 1591, in-folio de 6 ff. pour les pièces liminaires, 100 pp. chiffrées de texte et 2 ff. pour l’ « historyliet van Graef Floris » et la liste des comtes.
« Cette première édition de la chronique rimée de MELIS STOKE (dont on ignorait encore le nom alors) est très rare. Le célèbre Jean van der Doës (Janus Douza) la publia d’après deux manuscrits dont le plus ancien était de l’an 1390. – Cette édition était à peine achevée, que l’imprimerie, où la plupart des exemplaires étaient conservés, devint la proie des flammes, ce qui la rendit très rare et très chère. » (Note de M. Van Hulthem. – Voir son catalogue, n° 26.013). En réalité on ne cite pas une adjudication ayant atteint même 100 francs.
48. – HOLY BIBLE (THE), containing the Old and New Testaments. Newly translated out of the Original Tongues. Cambridge, by Bentham, 1762, 2 vol. in-4, frontispice gravé.
Cette édition, à l’exception de six exemplaires, a été brûlée dans l’incendie de l’établissement de l’imprimeur Dod. L’exemplaire de la reine Caroline, dans une superbe reliure en maroquin rouge, ne s’est vendu que 6 l. ster. 6 sh. en 1857.
49. – INQUIRY CONCERNING THE INVENTION OF PRINTING, in which the systems of Meermann, Heinecker, Santander and Koning, are rewiewed ; including also notices of the early use of Wood engraving in Europe, the Block-books, etc. By WILLIAM YOUNG OTTLEY ; with Introduction by J.-P. Berjeau. London, 1863, in-4, orné de 37 grandes planches, reproduisant en fac-simile, avec une grande exactitude, de rares gravures anciennes, de nombreuses vignettes sur bois, etc.
Cette importante histoire des origines de l’imprimerie et de la gravure sur bois est l’un des meilleurs ouvrages sur la matière. Elle offre cette particularité que l’impression demeura interrompue pendant près d’un quart de siècle, nombre de bonnes feuilles et de planches ayant été égarées accidentellement. Une heureuse circonstance les fit retrouver mais beaucoup étaient hors d’état de servir, et l’on ne put composer qu’un nombre très limité d’exemplaires bien complets. Aussi, l’ouvrage est-il cher ; les libraires Ellis et White en offraient naguère un bon exemplaire au prix de 2 1. ster. 12 sh.
51. – ITINERANT (THE), or Genuine Memoirs of an Actor ; by SAMUEL WILLIAM RYLEY, London, 1816-1827. 9 vol. in-12.
Amusante production, publiée en trois séries, dans laquelle sont décrites, sans doute d’après l’expérience personnelle de l’auteur, les misères du métier de comédien ambulant. – Les deux premières séries sont dédiées à « W. Roscoe, Esq. » la troisième l’est au comte de Sefton. Cette dernière n’est guère connue : 250 exemplaires avaient été envoyés de chez l’imprimeur au logis du libraire ; mais celui-ci fit banqueroute et tous les volumes tomés de 7 à 9 furent vendus comme paperasses de rebut. – Une seconde édition de la première série a été donnée en 1817.
52. – KNIGHTLY (THE) TALE OF GOLAGRUS AND
GAWANE, with other ancient Poems, in the same volume. Edinburgh, be Walter Chepman and Androw Myllar 1508, pet. in-4 de 24 ff . Reprinted and edited by D. LAING, Edinburgh, 1827, in-4, caractères gothiques.
De l’édition originale de ce curieux recueil, on ne connaît d’autre exemplaire que celui de la Bibliothèque des avocats, à Édimbourg. – C’est d’après cet exemplaire unique que David Laing fait cette réimpression devenue fort rare elle-même ; elle a été en effet brûlée chez l’imprimeur et l’on n’en a pu sauver que 72 exemplaires, encore plus ou moins endommagés par les flammes ou par l’eau des pompes. – Quand ils passent en vente, ces livres atteignent presque toujours une centaine de francs.
53. LEONIS DIACONI CALOENSIS HISTORIA scriptoresque alii ad res byzantina pertinentes, graece et latinè. E Bibliothecâ regiâ nunc primum. in lucem edidit, versione latinâ et notis illustravit Car. Benediel. Parisiis, è typographiâ regiâ, 1819, in-folio.
Un grand nombre d’exemplaires de cette édition, envoyés Russie, au comte Romanzoff qui avait fait les frais de cette publication, périrent en route par suite de naufrage. Le volume est donc devenu rare ; il se vendait originairement 42 fr. suivant le Manuel ; mais ce prix ne s’est pas soutenu depuis la réimpression donnée à Bonn, en 1828, de l’oeuvre de Léon Diacre.
54. – LEXICON HEPTAGLOTTON, Hebraïeum,Chaldaïcum, Syriacum, Samaritanum, Aethiopicum, Arabicum conjunctim et Persicum separatim ; cui accessit brevis et harmonica grammaticae omnium praecedentium lingarum delineatio. Londini, 1669, 2 vol. in-folio. Quelques exemplaires portent la date de 1686.
Il y dépensa douze mille livres sterling et perdit à la fois la fortune et la vue. Le succès ne répondit point aux généreux efforts de Castell. Son Lexicon parut en 1669 ; il s’en vendit si peu que, en 1673, mille exemplaires restaient encore entre les mains de l’auteur. Les cinq cents qu’on trouva à mort (1685) furent placés dans un grenier où ils furent gâtés l’humidité et rongés par les rats, et, lorsqu’on voulut les en retirer, on put à peine, de ce grand nombre, former un exemplaire compIet. – J’ai lu dans les Amoenitates variae (Tome II, p. 396) que exemplaires du Lexicon de Castelli avaient péri dans le grand incendie de Londres. Or ce sinistre s’est produit en 1666 et le Lexicon a paru en 1669.
55. – LONDON’S DREADFUL VISITATION, or a collection of all the Bills of Mortality for the present year, 1664,with the Weekly Assize of Bread. London, 1665, in-4, figures.
C’est le plus rare de tous les recueils de listes mortuaires hebdomadaires de Londres. Presque toute l’édition, en effet, fut détruite dans le grand incendie de 1666. – Un bel exemplaire échappé de la catastrophe était offert par le libraire Thomas Thorpe, 1849, au prix fort raisonnable, vu l’extrême rareté, de 10 sh. 6 den.
56. – LUCII COECILIANI LACTANTII OPERA OMNII editio novissima, quae omnium instar esse potest : ad LXX et amplius Mss. codices, editosque XL collata et emendata, atque Notis uberioribus illustrata ; cui manum primam adhibuit JOAN.-BAPT. LEBRUN, Bothomagensis ; extremam imposuit Nicolaus Lenglet Du Fresnoy. Lutetiae Parisiorum, apud Joannem De Bure, 1748, 2 vol. in-4
Bonne et belle édition, véritablement faite avec grand soin et revue sur beaucoup de manuscrits. Il a été tiré des exemplaires en grand papier, devenus fort rares, la plupart ayant été avariés et même entièrement détruits par suite de l’humidité du local où ce tirage avait été déposé. Les exemplaires en papier ordinaire sont d’un prix modique ; ceux en grand papier sont cotés de 70 à 80 fr.
57. – LUCRETII CARI (T.) DE RERUM NATURA Libros Sex, ad Exemplarium. Mss. fidem recensuit, longè emendatiores reddidit, commentariis perpetuis illustravit, Indicibus instruxit, et cum Animadversionibus Picardi Bentleii, non antè vulgatis, aliorumque subindè miscuit Gilbertus Wakefield, A. B. London, typis Hamiltonianis 1796-1797, 3 vol. gr. in-4, plus 50 ex. sur gr. papier, pet. in-folio.
C’est probablement la plus magnifique édition d’un auteur classique qui ait été publiée en Angleterre et l’une des plus estimables au point de vue philologique. Malheureusement un très grand nombre des exemplaires ont été détruits dans l’incendie qui dévora les magasins du libraire S. Hamilton, en 1802. – A l’origine, prix de cette belle édition était de 125 fr., il s’est beaucoup élevé à la suite de l’incendie ; on cite, tant en France qu’en Angleterre des adjudications à 300, 400 et même 1.206 fr. ; mais actuellement ces prix ont très sensiblement diminué.
58. – MACHINA COELESTIS, continens organographiam. A JOANNE HEVELIO. Gedani, 1673, in-folio de 4 pp. et 7 ff., orné de 31 planches.
MACHINA COELESTIS, pars posterior, rerum uranicarum observationes universas Gedani habitas tribus libris exhibens. Gedani, 1679, in-folio de 48-840 et 446 p avec 50 planches.
Le Manuel, qui donne une description détaillée de ces deux volumes, fait connaître que la seconde partie est très rare, parce la presque totalité de l’édition a été la proie des flammes qui détruisirent la maison de Jean Hevelius, le 26 septembre 1679 Horne dit également qu’il n’a été sauvé que les exemplaires heureusement distribués en présents par l’auteur avant que le feu prît à sa maison. – Lalande connaissait, parait-il, trente-quatre exemplaires de cette seconde partie que, suivant Zach, des amateurs auraient payés jusqu’à 1200 florins do Dantzick. L’ouvrage complet s’est vendu moins cher depuis, de 200 à 300 fr. au plus.
59. – MANTUANI (J.-BAPTISTAE HISPANIOLI, vulgò 🙂 OPERA OMNIA, tum strictà, tum solutâ oratione scripta, pluribus libris aucta et restituta. Antuerpiae, Jo. Bellerus, 1576, 4 vol. in-8.
Cette édition, sans commentaires, est l’une des plus complète pour le texte ; elle est due aux soins du savant carme flamand Laurent Cuper. Elle n’est pas commune, d’ailleurs, nombre d’exemplaires avant péri dans un incendie – malgré cela, elle n’est pas bien chère ; le Manuel ne la cote que de 15 à 20 fr., prix peut-être exagéré aujourd’hui.
60. – MÉMOIRE LITHO-GÉOGNOSIQUE sur la vallé de Champsaur et la montagne de Drouvierre dans le Haut-Dauphiné. Par le chevalier ROBERT DE PAUL LAMANON. Paris, 1784, in-8.
L’auteur, naturaliste distingué, membre correspondant de l’Académie des sciences, publia un assez grand nombre d’écrits. Celui-ci est le plus rare de ses ouvrages et en même temps une des plus singulières curiosités bibliographiques. Ayant reconnu dans ce « Mémoire » des erreurs considérables, Lamanon détruisit toute l’édition, à la réserve de douze exemplaires, suivant Quérard, – d’une vingtaine, suivant une autre version. Mais ces exemplaires (et c’est par cela même que ce livre doit être cité ici) n’eurent pas un meilleure fortune que les autres ; M. de Lamanon s’étant engagé en qualité de volontaire dans l’expédition de Lapeyrouse, emporta avec lui, sur » la Boussole », les exemplaires qu’il avait excepté de la destruction. Ce navire fit naufrage, comme on sait, et Lamanon, massacré, le 10 décembre 1787, à File de Maonna, périt en même temps que les derniers exemplaires de son livre.
61. – Mr WILLIAM SHAKESPEAR’S COMEDIES, HISTORIES, AND TRAGEDIES. Published according to the true Original Copies. The Third Impression. And unto thsi Impression is added seven Playes, never before printed in-folio… etc., etc. London, printed for P. C., 1664, in-folio.
Cette troisième édition des pièces de Shakespeare passe pour être beaucoup plus rare que la Première édition collective de 1623. Cette extrême rareté vient de ce que la plus grande pa rtie des exemplaires ont péri dans le grand incendie de Londres. Le fait a été parfois mis en doute, mais il semble admis aujourd’hui tous les bibliographes anglais, y compris Lownde qui cite de nombreuses adjudications de ce précieux volume, variant de 40 fr. (en 1787), à plus de 1.300 fr. (en 1858). Ce dernier prix serait assurément bien dépassé aujourd’hui.
62. – NORA SAMOLAD, sive Laponia illustrata par Uplandiam, etc. (en suédois et en latin). Upsalae, 1701, in-4 de 79 pp., avec une préface, 2 planches sur bois et une sur cuivre.
Cet ouvrage d’OLAF RUDBECK, imprimé aux frais de l’auteur renferme que l’Iter per Uplandiam. – Le manuscrit de l’ouvrage entier, formant douze volumes, et, paraît-il, nombre d’exemplaires de cette première partie furent détruits, dans le grand d’Upsal, en mai 1702 (Voir aussi l’article : Campi Elysii).
63. – ODES (LES) D’HORACE EN VERS BURLESQUES. Leyde, chez Jean Sambix (Elzevier), 1653, in-12.
Cette facétie, généralement attribuée à H. DE PlCON, mais qui, selon Barbier, serait plutôt de CHARLES DE BEYS, l’ami de Scarron, atteint des prix importants (100 à 820 fr.) en raison de sa rareté. Renouard, en effet, allègue qu’il n’en existerait que trois exemplaires qu’un amateur de Paris découvrit en feuilles, au commencement de ce siècle dans un vieux magasin de Lyon ; il ajoute que ces exemplaires étaient plus ou moins endommagés par les vers et donne à supposer que l’édition ainsi enfouie aurait été la proie des vers et des souris. – M. Alphonse Willems (« Les Elzevier, » p. 180) semble être loin de partager ces conjectures notamment en ce qui concerne le très petit nombre des exemplaires sauvés de la destruction.
64. – ORTOGRAFIA KASTELLANA NUEVA I PERFETTA, por G. KORREA . Juntamente el Manuel de Epikteto i la Tabla de Kebes, filosofos estoikos ; Konforme al original greko, latino, Korreto ì traduzido por el mesmo, uno e otro la primero Ke se a impresso Kon perfeta orotgrafia. Salamanka, en Kasa de Xantinto Tabernier, 1630, in-8.
Ouvrage aussi curieux que rare : GONZALEZ CORREAS eut pour but, en l’écrivant., de vulgariser et d’expliquer l’orthographe singulière qu’il voulait faire adopter. Mais le pauvre et savant n’y réussit guère et l’orthographe « phonétique » qu’il avait imaginée n’eut pas une meilleure fortune que le livre ci-dessus décrit. Suivant D.-G. Mayans y Siscar, en effet (Origenes de lingua Espanola, Madrid, 1737, 2 vol. in-8), l’Ortografia Kastellana ne trouvant pas d’acheteurs, fut vendue en bloc, comme papier de rebut, et la plupart des exemplaires furent détruits (Voir aussi le catalogue B.-S. Turner, 1888, n° 1570).
65. – PERROQUET (LE) DE WALTER SCOTT . Esquisses de voyages, légendes, romans, contes biographiques et littéraires. Par AMÉDÉE PICHOT. Paris, Dumont, 1834, 2 vol. in-8, 15 fr.
Ouvrage rare. Suivant une note du libraire Willems (catalogue P. de Thouars, 1869), la plupart des exemplaires auraient été au pilon.
66. – PETRI LAMBECII Commentarioruîn de Bi bliothecâ Caesareâ Vindobonensi, libri VIII. Vindobonae, 1665-1679. 8 tomes en 6 vol. in-folio, avec planches.
DANIELIS de NESSEL Breviarium et supplementum Commentariorum Lambecianorum, sive Catalogus Mss codd. Graecorum et Orientalium Bibliothecae Caesarae Vindobonensis. Vindobonae, 1690, 6 part. en 2 vol. in-folio ; fig.
Ce volumineux et indigeste répertoire a suggéré à Renouard (T. IV, p. 233) la réflexion suivante : « Livres très savants, mais qui font bien payer leur science par l’ennui mortel qu’inspire leur lecture. Ils sont rares, surtout les volumes de Lambecius ; et il faut ici confesser que cette grande rareté est venue surtout de ce que les héritiers, ne pouvant se défaire de ces ouvrages, en mirent une grande partie à la rame. »
67. – PICTURESQUE VIEWS OF THE PRINCIPAL MOUNTAINS OF THE WORLD… designed and painted by ROB.. ANDR. RIDDEL, to which are added a Geographical and physical account of mountains, their mineral composition, etc., by JOSEPH WILSON. London, 1807, 3 vol., index, ornés de plusieurs figures et d’une grande planche représentant les principales montagnes du monde.
Cet ouvrage, publié à 300 fr. (et le double avec les figures cela. riées), vaut aujourd’hui bien meilleur marché ; il est devenu rare, cependant, la majeure partie de l’édition ayant été détruite par le feu qui dévora l’établissement de l’imprimeur, peu de temps après la mise en vente.
68. – POEMA TOGRAI, arabicè, cum versione latinà Jacobi Golii hactenùs ineditâ. Quam ex manuscripto Goliano praefatione et notis quibusdam auctam edidit Matthias Anchersen. Trajecti ad Rhenum, Gul. Broedelet, 1707, in-8.
Edition estimée et très rare, dit, d’après Vogt, le rédacteur du catalogue Renouard, tous les exemplaires ayant péri dans un naufrage que fit le vaisseau qui portait l’édition entière en Danemarck. Malgré la valeur et la rareté de cette édition, le Manuel ne la cote que 8 à 10 fr.
69. – POEMS. By MATTHEW STEVENSON. London, 1665, in-8, de 172 pages, avec un portrait par Gaywood.
Un des ouvrages presque totalement détruits dans la grand incendie de Londres. Des exemplaires, plus ou moins beaux, se sont vendus en Angleterre de 15 à 180 fr.
70. – POEMS UPON SEVERAL OCCASIONS, by a Prentice in the Divine Art Of Poesy (PETER CUNNINGHAM). London, printed for private circulation, 1841, in-8, carré.
Très rare : tiré à 75 exemplaires seulement dont 49 ont péri par suite d’incendie. Les libraires Kerr et Richardson, de Glasgow, en offraient récemment un en bel état au prix de 21 sh.
71. – POIKILA ELLENIKA seu varia graeca, ex codicibus transcripsit, interpretationes latinas, animadversiones et indices adjecit et edid it Christ. FR. DE MATTHAEI. Mosquae, typis N. S. Vsevolojsky, 1811, in-8.
Volume extrêmement rare, dit le rédacteur du catalogue Boissonade (n° 4.783). – L’édition, tirée à petit nombre, a été brûlée dans l’incendie de Moscou, et l’existence n’en a pas été constatée par le catalogue de la foire de Leipzig, non plus par Kayser (Buecher Lexicon). Meüsel (Gelehries Deutschland), ni Brunet (Manuel du libraire), ne l’indiquent pas davantage. – L’éditeur, mort 26 jours après la date de son avertissement, n’a eu le temps d’en envoyer que quelques exemplaires aux plus éminents hellénistes ; ce sont vraisemblablement les seuls qui aient échappé à la catastrophe.
72. – POUILLÉ DU DIOCÈSE DE METZ. – On lit dans le Bulletin du bibliophile du mois de décembre 1871 (p. 566) :
« L’imprimerie de M. Rousseau-Pallez, à Metz, a été incendiée il y a peu de jours. Ce sinistre a causé la destruction complète d’un ouvrage historique dont l’impression était terminée : le Pouillé du diocèse de Metz, manuscrit de DOM CALMET, avec une introduction de M. Lepage, archiviste de la Meurthe. Heureusement M. Lepage avait conservé le tirage des épreuves de l’ouvrage, de sorte que le Pouillé du diocèse de Metz, dont il n’existe plus actuellement qu’un exemplaire unique, se trouve être le plus rare quoique le plus moderne des livres connus. » (Voir ci-dessus : Chronique de Metz)
73. -PRÉCIS HISTORIQUE SUR LES FÊTES, LES SPECTACLES ET LES RÉJOUISSANCES PUBLIQUES, et description des réjouissances publiques les plus remarquables depuis Henri IV ; par CLAUDE-FORTUNÉ RUGGIERI, artificier du roi. Paris, l’auteur ; Bachelier, 1829, in-8, 6 fr. (Il y a des ex. datés de 1830).
Le catalogue Taylor (3e partie, n° 2.927) porte cette mention : « L’ouvrage a été détruit en grande partie » ; mais ne donne aucune indication sur les motifs et circonstances de cette destruction.
74.- PRIMERA EPISTOLA DEL ADMIRANTE DON CRISTOBAL COLON, dando cuenta de su gran descubrimiento, a D. Gabriel Sanchez, Tesorero de Aragon. Acompana al texto original castellano el de la traduccion latina de Leandro de Cosco, segun la primera edicion de Roma de 1493, y precede la noticia de una nueva copia del original manuscrito, y de las antiguas ediciones del texto en latin, hecha por el editor D. Genaro H. de Volafan. En Valencia, Garin, 1858, in-4 de x-25 pp.
Le catalogue de la Bibliothèque mexicaine de M. Andrade (1869, n° 1783) fournit la notice suivante : « Ce volume, a été tiré à cent exemplaires, dont soixante ont été détruits par une inondation au Brésil. – Dom Pascual de Gayangos a donné un compte-rendu sur cette intéressante publication dans le journal « La America » du 13 avril 1867. il n’a pas connu le nom de l’auteur qui s’est caché sous le pseudonyme : D. Genaro H. de Volafan, et qui est celui de M. Adolfe de Varnhagen, ministre du Brésil. » L’exemplaire ci-dessus décrit ne fat mis en vente qu’au prix de 15 fr. chez Tross, en 1869.
75. – PROGRESS (THE) AND PUBLIC PROCESSIONS OF QUEEN ELIZABETH ; among which are interspersed other solemnities, public expenditures, and remarkable Events, during the reign of that Illustrious Princess ; now first printed from original Mss. of the time, etc. By JOHN NICHOLS. London, 1788-1805, 3 vol. in-4, avec planches.
Un grand nombre d’exemplaires du troisième volume ont été détruits par l’incendie qui dévora, le 8 février 1808, l’établissement du fécond compilateur-éditeur J. Nichols. L’ouvrage au complet est donc devenu très recherché et Lownde cite des adjudications dépassant 25 et 31 liv. si. – Ces prix ont baissé pas mal dès qu’eut paru la réimpression de 1828.
76. – RAPPORT GÉNÉRAL SUR LES TRAVAUX DU CONSEIL D’HYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE, depuis 1849 jusqu’à 1858. Rédigé par ADOLPHE TRÉBUCHET, membre et secrétaire du conseil. Paris, Boucquin, imprimeur, 5, rue de la Sainte-Chapelle, 1861, in-4, de iv-626 pages (Ne se vendait pas).
Même ouvrage, pour la période de 1859 à 1861 inclusivement. Même auteur. Paris, 1864, in-4, de iv-296 pages, avec tableaux pliés.
Ces deux ouvrages, tirés à un nombre limité d’exemplaires, ayant été distribués suivant les besoins du service, le restant des exemplaires fut transporté, selon l’usage, aux Archives de la Préfecture de police, et c’est ainsi qu’ils périrent dans l’incendie de cette administration, au mois de mai 1871. – Ce sont les deux plus rares exemplaires de la collection des rapports sur les Travaux du conseil d’hygiène. Il n’existe plus, assure-t-on, à la préfecture de police que neuf exemplaires du premier et seulement quatre du second .
77. – RECUEIL DES ÉDITS, DÉCLARATIONS, LETTRES PATENTES ET ARRÊTS DU CONSEIL ENREGISTRÉS AU PARLEMENT DE METZ ; ensemble des arrêts de règlemens rendus par cette cour, etc. (Publié par le comte CLAUDE EMMERY DE GROZYEULX, avocat au Parlement de Metz, depuis sénateur et pair de France). Metz, chez Pierre Marchal et la veuve Antoine, 1774-1788, 5 vol. in-4.
Le sixième volume de cette importante collection a été imprimé, dit Barbier ; mais le libraire l’a vendu en entier pour faire des gargousses.
Or, ce sixième volume figurait dans une vente assez récente ; (Bibliothèque Chartener, 2e partie, no 1178, en 1885). Le rédacteur du catalogue l’avait signalé comme sait : » Le dernier volume servant de tome VI est le seul exemplaire connu, toute l’édition ayant été détruite lors de la Révolution. il n’est même pas terminé et ne contient que 392 pages, les trois derniers feuillets sont des feuilles d’épreuves où l’on voit les indications à l’encre des corrections à faire. Cet exemplaire en feuilles est celui de l’éditeur, M. le comte Emmery, à la vente duquel il a été acheté en 1849. – On a ajouté au troisième volume un Avis pour stimuler les souscriptions qui faisaient défaut. »
78. – RÉFLEXIONS ÉDIFIANTES, par l’auteur des instructions édifiantes sur le jeûne de Jésus-Christ au désert (Mlle J.- A. BROHON). A Paris, de l’imprimerie de Didot l’aîné, 1791, 2 vol. in-8. Tiré à 500 ex. suivant Barbier.
Renouard (« Bibliothèque d’un amateur », t. I, p. 402), dit en substance ce qui suit au sujet de ce livre dont il possédait un fort bel exemplaire : « Ouvrage d’une dame dont l’imagination était allumée par les tourments d’un cancer qui causa sa mort (en 1778). C’est une production désordonnée dans laquelle l’ardeur de la dévotion est poussée à un excès qui y prend une physionomie et un langage beaucoup trop terrestres ; et s’il peut enflammer la dévotion des âmes tendres, il ne fournit aux plaisants que trop d’allusions fort peu chastes. On y trouve aussi plus d’une très claire prédiction sur la Révolution française, et cependant la mort de l’auteur datait déjà de plusieurs années, et l’impression fut faite sur son manuscrit original (Ici l’annotateur explique qu’on se trouve en présence d’une pieuse supercherie). Ce livre, imprimé pour l’asage de l’Association des Saintes Victimes, aux frais de Mme la princesse de Conti et par les soins de l’abbé Du Garri (ancien curé de Ville-d’Avray), fut tiré au nombre de 1500 ; et cependant il est devenu rare, sans doute parce que la plupart des exemplaires auront été détruits dans les diverses crises de la Révolution. »
Cette note paraîtra sans doute un peu longue, mais il eût été vraiment dommage de mutiler cet échantillon du style du bon Renouard.
79.- REISEBESCHREIBUNG NACH ARABIEN und andern umliegenden Laendern (par) CARSTEN NIEBURH. Kopenhagen, Moeller, 1774-1778, t. 1 et 11, 2 vol. in-4, avec cartes et figures.
Cette édition originale des célèbres voyages de Nieburh en Arabie et dans les pays voisins n’est pas commune. Il faut y joindre un troisième et dernier volume qui parut, en 1837 seulement, sous le même titre, dans la même langue et dans le même format que les deux premiers, il renferme le voyage en Syrie, Palestine, Chypre et Asie Mineure ; il est orné du portrait de l’auteur à l’âge de 72 ans.
S’il faut en croire certains bibliographes, et notamment l’érudit rédacteur du catalogue Walckenaër, la première édition de ce troisième volume a été imprimée du vivant de l’auteur (qui ne mourut qu’en 1815), et aurait été détruite en entier dans l’incendie de Copenhague, en 1795, avant d’avoir été mise au jour. C’est un fait à vérifier que je n’ai vu confirmer sûrement nulle part. Il est bien vrai, toutefois, que le savant C. Nieburh fit de grandes pertes dans l’incendie du palais du roi, à Copenhague.
80. – REMONSTRANTIA HIBERNORUM contra lovanienses, ultrarnontanasque censuras, de incommutabili regum imperio, subditorumque fidelitate, et obedientia, indispensabili ; ex S. S. Scripturis, patribus, theologis, etc., vindicata ; cum duplici appendice, una de libertate gallicana, altera contra infallibilitatem Pontificis romani, authore R. P. F. R. CARON, theologo emerito. (Londini). Anno domini 1665, in-fol. de 12 ff. prélim. 94-102 pp. et 4 ff. d’index et errata.
Ouvrage dédié à Charles II, et devenu fort rare parce qu’une bonne partie de l’édition a péri dans le grand incendie de Londres en 1666. S’est vendu jusqu’à 340 fr.
81. – REPORTS (4) FROM THE LORDS COMMITTEES, appointed to search the Journals of the House, Rolls of Parliament and other Records and Documents, for matters touching the Dignity of a Peer of the Realm, etc., etc. London, 1820-1825, in-fol.
Deux éditions ont été faites de cet ouvrage très estimé et pourvu de précieux appendices, l’une pour la Chambre des Lords, l’autre pour celle des Communes. – Les Reports, ainsi que les divers appendices, ont été réimprimés en vertu d’une décision de la Chambre des Communes, en date du 19 mai 1826. Ils forment ainsi quatre volumes in-folio, préférables et préférés à la précédente édition. Par malheur, ils sont devenus fort rares, tous les exemplaires qui n’avaient pas été distribués lors de la réimpression ayant péri dans l’incendie des Communes, en 1811.
82. – RERUM GALLICARUM, ET FRANCICARUM SCRIPTORES. Recueil des Historiens des Gaules et de la France, etc…, accompagné de sommaires, de tables et de notes (Par Dom MARTIN BOUQUET, les frères HAUDIQUIER, HOUSSEAU, PRÉCIEUX, et plusieurs autres savants auteurs jusqu’à MM. GUIGNIAUT et DE WAILLY, qui terminèrent l’ouvrage). Paris, G. Martin (puis Coignard, Mariette et les frères Guérin), 1738-1735, 23 vol. in-fol.
Réimpression des tomes 1 à XIX, sous la direction de M. Léopold-Delisle. Paris, Victor Palmé, 1867.
Cet important ouvrage rentre dans la catégorie des livres étudiés ici, parce que le Tome XIII de l’édition originale (Paris, 1786) a été, suivant G. Brunet, détruit dans un incendie, ou plutôt, d’après le Manuel, « parce que le restant de l’édition dudit tome XIII avait été mis à la rame par un libraire qui voulait conserver du prix aux exemplaires complets qu’il possédait. » Ce volume, fidèlement reproduit par le procédé Dupont, se vendait d’abord 200 fr., puis, un peu plus tard, 125 fr. seulement l’exemplaire.
83. – RERUM MOGUNTICARUM LIBRI V, auctore NIC. SERRARIO ; cum supplemento et indicibus Georg. Christ. Joannis, Francofurti ad Maenum, 1722-1727, 3 vol. in-fol.
Au dire de M. G. Brunet, cet ouvrage a été partiellement détruit dans un incendie. – Le Manuel ne donne aucune indication à ce sujet, et se borne à coter l’ouvrage de 30 à 40 fr.
84. – RITUEL DU DIOCÈSE DE QUÉBEC. Paris, 1703, in-8.
Je n’ai pu découvrir aucune indication précise sur ce volume, dont, suivant M. G. Brunet, l’édition presque entière aurait péri dans un naufrage.
85. – RUSTICIADE (LA), ou la guerre des paysans en Lorraine, par LAURENTIUS PILLADIUs. Traduit par F. R. DUPEUX. Nancy, Berger-Levrault, 1876, 2 vol. pet. in-8, publiés à 30 fr.
Laurent Pillade, poète latin du XVIe siècle, curé de Corcieux et chanoine de Saint-Dié, était né près de Pont-à-Mousson. – La traduction de son poème, donnée par M. Dupeux, n’a été tirée qu’à 150 exemplaires, dont 120 ont malheureusement été brûlés chez l’éditeur. C’est, on le voit, un livre peu commun qui se vend assez cher (Voir catalogue Ed. Meaume, 21 partie, 1887, n° 1168).
86. – SANCTI GREGORII NAZIANZENI OPERA OMNIA, graecè et latinè, opera et studio monachorum. S. Benedicti, à congregatione S. Mauri. Parisiis, 1788, t. 1, in-fol.
Cette édition, au jugement de Boissonade, serait peu digne de la docte congrégation qui l’avait préparée, – La publication en fat interrompue par suite des événements de la Révolution ; des exemplaires même auraient été détruits. Cependant il en dut rester une quantité importante et l’édition ne devait pas être tant déprisée puisqu’on jugea à propos de la compléter par la publication d’un second volume, en 1837 ; les deux tomes, édités avec un nouveau titre, sont encore cotés en librairie de 40 à 50 francs.
87. -SELECT REMAINS OF THE ANCIENT POPULAR POETRY OF SCOTLAND. Edited by DAVID LAING. Edinburgh, 1822, 8 parties en 1 vol. pet. in-4.
Intéressant et curieux volume, renfermant 25 pièces rarissimes et tiré seulement à 108 exemplaires. Suivant M. G. Brunet, une bonne partie de ce tirage restreint a péri dans un incendie (Voir : Dictionnaire de Bibliologie), c’est un fait à vérifier ; mais ce qui est bien certain, c’est que ce livre est rare et cher ; il s’est vendu de 50 à près de 100 francs.
88. – SELECT WORKS OF PORPHIRY, translated from the Greek by Thomas Taylor, with an Appendix explaining the Allegory of the Wanderings of Ulysses, by the translator. London, 1823, in-8, publié à 40 sh., 6 d., sur papier ordinaire et à 1 liv. st. sur grand papier (50 ex.).
Un exemplaire de cette dernière catégorie, en magnifique condition de reliure, figurait, en 1888, dans la vente B. S. Turner. Le rédacteur du catalogue insistait (n° 2.125) sur l’extrême rareté de ces exemplaires, « presque toute l’édition ayant été détruite par le feu », – sans doute chez l’imprimeur même, Moye, dont l’établissement devint la proie des flammes, en août 1821.
89. – SEPULCHAL MONUMENTS IN GREAT BRITAIN. Applied to illustrate the history of the families, manners, habits and arts at the different periods, from the Norman Conquest to the 1711 century ; with observations. (By RICHARD GOUGH). London, Nichols, 1786-1796, 3 vol. gr. in-fol., ordinairement reliés en 4 ou 5 t., ornés de nombreuses planches. Tiré à 250 exemplaires seulement.
Beaucoup d’exemplaires de cet important ouvrage, du tome troisième en particulier, – ont péri dans l’incendie de la librairie Nichols, le 8 février 1808. – Lownde, qui donne une description détaillée des planches, fait connaître que le prix initial de 25 l. ster. s’est beaucoup élevé depuis cette catastrophe ; il cite des adjudications à 31, 51 et même 73 l. ster.
90. – SKETCHES AND CHARACTERS, or the natural History of the Human Intellects, by James William Whitecross (Pseudonyme du prince MICHAEL PRUS DE WISZNIEWSKI). London, 1853, in-8.
Très rare. Toute l’édition, sauf 80 exemplaires, a été détruite dans un incendie, 37, Dean Street, Soho, à Londres. – Un exemplaire en magnifique état, orné du portrait et d’un autographe de l’auteur, figurait à sa vente, en 1869.
91. – SONGS AND SONNETTES (reprinted from the edition by R. Tottel, 1557). London, John Nichols (1795-1807), 2 vol. in-8, de 272 et 342 pages.
Publié par les soins de l’évêque Perey et de George Steevens. – Presque toute l’édition a été brûlée dans l’incendie de l’imprimerie Nichols, en février 1808. Des exemplaires, d’après Lownde, se sont vendus, en Angleterre, de 50 à 160 fr.
92. – STATUARY AND SCULPTURE AMONG THE ANCIENT ; with some account of specimens preserved in England. By the Rev. JAMES DALLAWAY. London, 1816, gr. in-8, avec 30 planches.
Sur 350 exemplaires qui ont été tirés de cet ouvrage, 200 environ ont péri lors de l’incendie de l’imprimerie Bensley, le 26 juin 1819. – Malgré sa rareté relative, l’ouvrage n’est coté dans le Manuel que de 36 à 48 fr. Nous avons vu plus haut que cet incendie avait été plus fatal encore pour un autre ouvrage de Dallaway (History of the western division, etc.).
93.- SYNOPSIS PRIMI SAECULI SOCIETATIS JESU. Proponebat JACOBUS DAMIANUS ex eadem soc. provinciae Gallo-Belgicae nomine. Tornaci-Nerviorum, typ. Andr. Quinqué, 1641.
Ouvrage devenu très rare, suivant le catalogue Van Hulthem (n° 16.012) ; il paraîtrait que l’édition aurait été presque entièrement détruite dans un incendie, dès 1611, très peu de temps après sa publication.
94. – TRAITÉ SUR L’USURE, s. l. n. d., in-12, de 300 pages. Par le P. JEAN-JOSEPH ROSSIGNOL, jésuite, né à Val-Louise, diocèse d’Embrun, en 1726, mort en 1807.
La « Biographie Michaud » contient (t. XXXIX), un article intéressant sur l’infatigable polygraphe Rossignol. – On y apprend notamment que le Traité sur l’usure « fut entièrement brûlé par les sans-culottes Dauphinois, et que l’auteur n’en sauva que deux exemplaires ». C’est assurément un livre très rare, car on ne le trouve ni décrit par aucun bibliographe, ni mentionné dans aucun catalogue. – C’est fâcheux ; peut-être quelque sagace et curieux érudit eût-il pu dégager ce qui, dans ce traité, avait si fort échauffé la bile des « sans-culottes Dauphinois ».
95. – TRAVELS OF ANACHARSIS THE YOUNGER IN GREECE, during the middle of the fourth century before the Christian Aera : translated from the french of BARTHÉLEMY (By William Beaumont). Second edition. London, 1791, 7 vol. in-8, avec 1 vol. in-4 contenant les cartes, vues, planches, médailles, etc.
Cette deuxième édition fut presque intégralement détruite dans l’incendie de l’imprimerie Samuel Hamilton, en 1802. – On donna alors l’ouvrage à réimprimer chez Gillett, Salisbury Court, Fleet Street. Il ne restait plus que quelques feuilles à composer, quand toute l’édition périt dans l’incendie qui dévora l’établissement de Gillett, le 12 décembre 1805. – De là, procès entre l’imprimeur Gillett et l’éditeur-libraire Mawmann, procès qui se termina au détriment de l’imprimeur (Voir le « Dictionnaire » de Timperley, pp. 811 et 823). – C’est un des rares cas d’un ouvrage détruit deux fois par le feu. Ajoutons que le pauvre Gillett vit, derechef, son imprimerie détruite, le 28 juillet 1810.
96. – TRIBU (LA) INDIENNE, ou EDOUARD ET STELLINA, par le citoyen L.-B. (LUCIEN BONAPARTE). Paris, Honnert, an VII (1799), 2 vol. in-12, qui doivent être accompagnés de 3 figures gravées par Roger d’après Prud’hon (Stellina introduisant Edouard dans la grotte de l’hospitalité ; Stellina surprise au sortir du bain par Edouard ; Edouard comptant son or).
Ouvrage fort rare, surtout avec les gravures, pour les motifs suivants : d’un côté l’auteur, qui ne l’avait fait tirer qu’à petit nombre, en fit détruire une partie ; « d’autre part, écrit M. Ch. Clément (Journal des Débats du 8 août 1874), les vignettes, qui sont de véritables chefs-d’oeuvre, n’ont été tirées qu’à dix exemplaires, les enfants de Roger s’étant amusés à frotter les planches jusqu’à les détruire complètement. »
Le livre de Lucien Bonaparte a été réimprimé, comme traduit de l’anglais de Mme Helme, sous le titre Les Ténédares, ou l’Européen et l’Indienne Paris, Chaumerot, 1802, 2 vol. in-12.
C’est ici le cas de rappeler le malheur analogue arrivé à un PORTRAIT DE RABELAIS, gr. in-8, destiné à une édition qui ne s’est point faite, dont trois épreuves seulement ont été tirées, la planche ayant été détruite, par erreur, comme vieux cuivre. Ces trois uniques exemplaires ne se vendirent que 39 fr., le 18 décembre 1854. (Voir le catalogue A.-A. Renouard, no 3.619).
97.- VETERUM ET CLARORUM MEDICORUM (XXI), GRAECORUM varia opuscula ; primo nunc impensis fratrum Zozimadarum… ex Oribasii codice moscuensi, graecè edidit, interpretationem latinam J.-B. Rasarii, item suas animadversiones et indicem vocabulorum. adjecit Christ. Fried. de Matthaei. Moscuae, ex typographiâ Universitatis, 1808, in-4, de xvi-416 pages.
Edition précieuse, dit le Manuel, et dont une partie des exemplaires a péri dans l’incendie de Moscou. Il est probable, dit ailleurs le même Manuel, que c’est le tome IV de cette collection, publié en 1811, et contenant le texte grec d’Oribase, qui a été presque totalement détruit dans cette immense catastrophe. On ne cite point d’adjudication de ce très rare volume.
98. – VIE DE M. (François Galaup) DE CHASTEUIL, solitaire du Mont-Liban, par FRANÇOIS MARCHETY (OU Marchetti), prêtre de Marseille (Revu par Antoine Arnault). Paris, P. Petit, 1666, in-12.
Livre devenu rare, dit le Manuel, parce qu’une grande partie des exemplaires ont été détruits lors de l’incendie du magasin du libraire à Monteigue. Estimé de 6 à 9 fr.
99. – VILLE (LA) ET LA RÉPUBLIQUE DE VENISE. Par le sieur T. L. E. D. M. S. DE SAINT-DISDIER. A Amsterdam, chez Daniel Elsevier, 1680, pet. in-12, de 10 ff. Emin., 418 pp. et 15 ff. pour la table.
Cette troisième édition de l’ouvrage d’Alexandre Toussaint de Limojon, sieur de Saint-Didier, est devenue fort rare, au dire même de A. Willems (Les Elzévier, p. 406), qui donne de cette rareté diverses indications, sauf la suivante, insérée par Labitte au Catalogue Ch. Balaresque (1881, no 1556) : » Ce volume, dit-il, n’ayant eu que fort peu d’acheteurs, une partie de l’édition fut détruite après la mort de Daniel Elzevier (comment et par qui ?) Un libraire de La Haye, Moetjens, fit l’acquisition des exemplaires restants et y mit un nouveau titre avec son nom et la date de 1685 ; il en résulte que les exemplaires avec la date de 1680 sont fort rares et recherchés des amateurs des impressions elzéviriennes » (Note manuscrite).
100. – VIRGA PASTORALIS AD EXACTORIS CONFRACTAM VIGILANS…. écrit polémique dirigé contre Jean-Jacques Steinhofer, et dont presque tous les exemplaires ont été brûlés dans l’incendie qui détruisit, en 1701, la bibliothèque (18,000 volumes) de L. Stockflett. (Voir : Amoenitates variae, t. 11, p. 397).
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17/10/2008