4/02/2012 - Commenter
Karaoké Chorale
Un peu de copinage, assumé, puisque c’est pour une bonne raison et prétexte à saluer ceux et celles qui ont choisi de quitter Lille pour passer la Loire. On se souvient encore des soirées à chanter au cœur de la nuit, après avoir écumé les rades, à battre le pavé ou les sourires désagréables, les heures à brailler entasser à cinquante dans les bus de la police nationale entre deux jets de lacrymogènes, préférant braire que se taire, les chants gueulés autour des stades à attendre ceux d’en face qui nous prennent toujours par derrière, les slogans détournés au cul des manifs à attendre la première pierre à l’émeute, toujours les mêmes ritournelles pour se donner du courage avant la charge, les refrains qui résonnent sourdement dans la tête, quand on s’écroule fracassé, au petit matin, dans un canapé qui n’est pas le sien. Ce carnet de chants offert récemment sur un trottoir froid de Moulins sonne les 400 coups comme l’hallali, en mode souvenirs, nostalgie ou soirées à venir. Au choix ! Les 400 coups donc comme autant de battements de cœur quand l’adrénaline, l’alcool ou la tristesse nous parcourt l’échine et j’en place une pour les camarades Nico, Clément Trompette (Amer#5) et Manu… fidèle parmi les fidèles, wesh ma gueule.
Ce carnet de chants politiques et d’amours est d’abord un mauvais jeu de mots, car c’est bien connu, dans ce domaine comme dans bien d’autres, les pires sont toujours les meilleurs, à savoir Karaoké Chorale – on vous avez prévenus – sous-titré 460 grammes d’art mineur pour greffes de chœur. Et en quatrième de couverture, comme pour annoncer la couleur -en rouge criard et noir braillant – « A la Sociale ! Aux asociaux ! ». Évidemment que ça nous parle. Évidemment qu’on se devait d’en parler. Donc ni une ni deux, on plonge nos yeux comme nos mains dans le chœur de la bête, la préface commence par le commencement, Lille et une nuit obligent : « On braillait déjà nos tubes à l’époque, à trois sur un scooter, sur le pavé lillois ».
Et poursuit par la suite :
« Mais c’est en pouce, de Porte d’Orléans et pour rejoindre les discussions tout à fait sérieuses qu’on descendit dans le sud, un beau jour d’été 2006 ». Lire la suite »


