Jean-Christophe Bailly à Citéphilo
Un absolu littéraire
La rencontre a été enregistrée
L’un des premiers ouvrages de Jean-Christophe Bailly, La Légende dispersée (1976), une anthologie du romantisme allemand, constitue un sésame pour entrer dans l’œuvre de cet écrivain à la pensée vagabonde : tout ensemble une passion pour le savoir encyclopédique et une prédilection pour des formes en éclats où le sens ricoche et se dissémine. Cet ancrage dans un territoire romantique n’empêche ni les dérives formalistes de l’essai, ni les formes multiples d’une œuvre qui ne s’interdit rien, sauf peut-être le roman : c’est là la « basse continue » de l’œuvre de Jean-Christophe Bailly, au cœur de la première séance qui s’attachera à souligner ce qui constitue le parcours d’un écrivain.
Villes, bêtes, pays : manières d’habiter le monde
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Qu’est-ce qui rapproche l’expérience de la ville, de ses foules et de ses rues, le bonheur des voyages, et la curiosité que l’on éprouve pour les bêtes, pour la plupart si éloignées de nous ? Peut-être le sentiment que l’on touche, avec elles et avec eux, autant de manières d’habiter le monde, différentes des nôtres, infinies. Et l’on peut aimer suivre, du corps et de la pensée, ces façons dépaysantes de se rapporter à la vie, d’habiter et de cohabiter : façons d’hirondelle, de chiens ou de lynx, manières
d’Athènes ou de Buenos Aires (en plein Paris), phrases de rivières ou de gares… C’est autour de ces voyages « dans » d’autres manières de vivre (que leurs livres à tous deux explorent) que Jean-Christophe Bailly et Marielle Macé se proposent de dialoguer.
Gestes critiques (Klincksieck) Parenthèse Georges Didi-Huberman
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Hommage à la collection Critique de la politique et à son fondateur Miguel Abensour, ce livre prolonge et reprend le fil de la critique à la fois esthétique et politique, à l’horizon de la brutalisation contemporaine accélérée. On verra se dessiner des constellations critiques dans le fil de travaux pionniers, mais avec une inflexion propre : la « délicatesse’ » requise pour transplanter, telle une plante, un concept d’un champ à un autre.
L’atelier infini
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Essayer de dire ce que le regard, geste si originel, capte du tableau, sans porter atteinte au silence de la peinture ni à la mobilité de ses signes, telle pourrait être la tentative de l’écrivain qui déroule le fil de la peinture occidentale, depuis la plus lointaine origine de l’art pariétal jusqu’à ses développements les plus récents où la peinture s’émancipe de la mimèsis. Sous forme d’un dialogue avec Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art, qui n’a de cesse de penser tout au long de son œuvre le régime du visible, la discussion prendra pour objet L’Atelier infini, à la fois titre d’un livre de Jean-Christophe Bailly, mais également métaphore du déploiement de trente millénaires de peinture.
En présence de
Georges Didi-Huberman
philosophe, historien de l’art, directeur d’études à l’EHESS
Bibliographie :
- Essayer voir (Editions de Minuit), 2014
- Sortir du noir (Editions de Minuit), 2015
- Peuples en armes, peuples en larmes (Editions de Minuit), 2016
- La ressemblance inquiète, 2 vol., 2023/24 (Gallimard)
- Gestes critiques (Klincksieck), 2024
Jean-Christophe Bailly
écrivain, philosophe, poète, dramaturge et théoricien de l’art
Bibliographie :
- L’instant et son ombre (Seuil), 2008
- Le visible est le caché (Le Promeneur), 2009
- L’imagement (Seuil), 2020
- Naissance de la phrase (Nous), 2020
- Tuiles détachées (Christian Bourgois éditeur), 2018
- Temps réel (Seuil), 2024
- Regarder la peinture (Hazan), 1992
- Le champ mimétique (Seuil), 2005
- L’atelier infini : 30 000 ans de peinture (Hazan), 2007
- Le parti pris des animaux (Christian Bourgois éditeur), 2013
- La phrase urbaine (Seuil), 2013
- La ville en éclats (La fabrique éditions), 2025
- Une éclosion continue : temps et photographie (Seuil), 2022
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13/11/2025