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CONCUBITUS SINE LUCINA

LUCINA SINE CONCUBITU | CONCUBITUS SINE LUCINA (1776). La procréation sans homme

LUCINA SINE CONCUBITU. Lettre adressée à la Société Royale de Londres, dans laquelle il est pleinement démontré, par des preuves tirées de la Théorie & de la Pratique, qu’une Femme peut concevoir & enfanter sans le commerce de l’homme.

Suivi de :

CONCUBITUS SINE LUCINA, ou le plaisir sans peine. Réponse à la Lettre intitulée : Lucina sine concubitu. Optat supremo collocare Sisiphus in monte saxum. Horace.

À Londres, Chez J. Wilcox. M.DCC.LXXVI (1776)

 

2 parties en 1 volume in-12 (13,6 x 9,6 cm) de 72, 63-(1) et 10 pages. Bien qu’en pagination séparée ces 2 opuscules ont été imprimés ensemble. A la fin se trouve un Supplément de 10 pages. Texte entièrement encadré de filets et fleurons d’angle typographiques.

Reliure demi toile de la fin du XIXe siècle. Reliure solide mais modeste. Intérieur très frais.

Nouvelle édition.

 

La première édition a paru en anglais en 1750, ainsi que la première édition française (sans la réponse (deuxième partie) qui est ici en première édition et datée de mai 1776, et sans le Supplément (aussi en première édition).

 

John Hill, apothicaire et polygraphe anglais, aurait rédigé ce texte pour tourner en ridicule la Société Royale de Londres, après que celle-ci eut refusé de l’admettre parmi ses membres. Le traducteur français, Jean-Pierre Moet, raconte qu’il se trouvait à Londres lorsqu’il reçut une lettre de son épouse l’informant de la naissance d’un fils. Or, il n’avait pas revu sa femme depuis quatorze mois et dix-sept jours. La nouvelle fut un choc profond, un véritable « coup de poignard ». Fort heureusement, la découverte de l’ouvrage de John Hill, qui démontre de manière scientifique qu’une femme peut concevoir sans contact sexuel, le réconforta. Il y lut qu’un simple vent marin — orienté sud-est — pouvait avoir transporté des molécules organiques fécondantes, qu’une femme vertueuse pouvait respirer à bord d’un navire lors d’une simple collation offerte par un négociant. Sa traduction devient ainsi un acte de philanthropie, destiné à « éclairer sur une vérité physique » et à rassurer les maris et les pères de famille confrontés à de semblables situations.

 

La seconde partie de l’ouvrage, intitulée Concubitus sine lucina, ou le plaisir sans peine, est attribuée à Richard Roe. Elle constitue une parodie humoristique de la première partie. Elle se présente comme une réponse à la lettre de John Hill, tournant en dérision sa thèse selon laquelle une femme pourrait concevoir et enfanter sans relation sexuelle. Cette satire souligne que Hill n’avait, au fond, rédigé son texte que par vengeance personnelle à l’encontre de la Société Royale.

L’ouvrage, que le bibliographe Gay jugeait « original et plus amusant à lire que ne le laisse croire son titre latin », fut réédité au XIXe siècle, au moins à deux reprises. Pia en décrit ces réimpressions (coll. 442-443), mentionne l’édition de 1750, mais ignore celle de 1776.

Vouloir démontrer qu’une femme peut concevoir sans avoir eu de rapports sexuels avec un homme était une utopie, au XXIe siècle on sait que la chose est devenue possible ! La semence de l’homme seule est encore utile ! Pour combien de temps ?

 

[John HILL | Richard ROE | MOËT, traducteur] LUCINA SINE CONCUBITU. Lettre adressée à la Société Royale de Londres, dans laquelle il est pleinement démontré, par des preuves tirées de la Théorie & de la Pratique, qu’une Femme peut concevoir & enfanter sans le commerce de l’homme. Suivi de : CONCUBITUS SINE LUCINA, ou le plaisir sans peine. Réponse à la Lettre intitulée : Lucina sine concubitu. Optat supremo collocare Sisiphus in monte saxum. Horace. À Londres, Chez J. Wilcox. M.DCC.LXXVI (1776). Bon exemplaire de cette jolie édition bien imprimée sur beau papier. Une femme peut-elle concevoir sans avoir eu de rapports sexuels avec un homme ?

 

Vu et lu sur l’Amour qui bouquine.

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5/08/2025

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