Pendant ce programme à la bibliothèque des Fleurs Arctiques, nous
discuterons des relents du nationalisme, à droite comme à gauche, de
notre rapport à l’illégalité et à la question du crime organisé, et
enfin à la question de l’euthanasie en rapport avec les prochaines
législation autour de l’« aide active à mourir ».
Nous projetterons lors du ciné-club : Claire Dolan, A Dark Song, Birth,
The Wicker Man et Zélig.
Le démontage judiciaire de ce programme se fera autour de l’Affaire des
17 suite au campement No Border de Strasbourg en 2002, et aura lieu
samedi 29 mars.
Les permanences auront lieu le jeudi de 16h à 18h.
Les groupes de lecture auront lieu le dimanche à 16h30.
Nous vous invitons également à une soirée de soutien/projection de nanar
à la bibliothèque le samedi 31 mai !Vous pouvez télécharger le programme ici :
https://lesfleursarctiques.noblogs.org/files/2025/03/ProgrammeLFA_MarsMai2025b.pdf

La prochaine discussion du programme aura lieu ce vendredi 21 mars à
19h30 et portera sur le nationalisme :

Aujourd’hui, on assiste à une tendance qui monte dans le discours et les
actions des politiques et des bourgeois des divers camps politiciens qui
nous gouvernent. Partout, la petite musique du nationalisme se répand
jusqu’à devenir symphonie, les conservateurs sont à la grosse caisse
mais la gauche n’est pas dans l’orchestre que pour sonner le triangle !
Le capitalisme ne fait plus (et depuis bien longtemps!) rêver dans les
chaumières. Se tuer au travail, s’entasser dans des métros ou des
studios, subir le harcèlement de France Travail, il n’y a rien à en
tirer et tout le monde le sait !
Alors, l’Etat et le Capital sortent d’autres cartes, vieilles comme le
monde… C’est la dette française qu’il faudrait sauver, ou bien la
souveraineté industrielle, pérenniser NOTRE modèle énergétique, NOTRE
esprit d’entreprise, NOTRE démographie, NOTRE secteur industriel, enfin
bref, la France a besoin de vous ! Demain, peut-être sur le champ de
bataille comme hier, mais aujourd’hui déjà, à l’usine ou au bureau !
Hier, l’Etat a tenté de mettre au pas la jeunesse et de l’embrigader
dans des services militaires 2.0, le SNU, et a dû abandonner face aux
contestations. Aujourd’hui, face à Poutine ou Trump, il invoque l’effort
patriote et nous invite à s’engager pour la nation d’une manière ou
d’une autre, en créant des “épargnes patriotes” ou en investissant dans
l’industrie militaire française. Ca produira des missiles, ça créera de
l’emploi et de la richesse et tout ceci est FRANÇAIS : ça tombe mal, ça
résume tout ce qu’on déteste !
Ce que le pouvoir cherche dans la nation, c’est une épaisseur morale qui
maintienne l’ordre, une fiction qui garantisse la paix sociale dans la
société et justifie la guerre contre d’autres nations, la colonisation
du monde, l’imposition de ses normes, la mise au travail pour une cause.
Le nationalisme et son corollaire, le patriotisme, ont toujours été un
moyen pour créer des catégories fictives, concurrentes entre elles que
ce soit sur le champ de bataille, quand il est alors matérialisé par la
plus dégoûtante et tragique de ses formes, mais aussi sur d’autres
terrains : la concurrence économique, le sport, la culture…
Des catégories fictives, sur seule base d’un bout de papier, ou d’une
“identité culturelle” uniforme fantasmée, qui ont toujours détourné
l’attention des réelles oppositions qui traversent ce monde : celle des
pauvres et des riches, celle des décideurs bourgeois et des administrés,
celle des laquais et des révoltés.
Le nationalisme est bien sûr évoqué par les fafs ou les conservateurs
mais la gauche n’est pas en reste dans toute cette entreprise. Elle
invoque cette figure pour un autre argument que l’on entend de plus en
plus ces temps-ci : la nation serait un affect qui parle aux masses,
susceptible d’être le noyau d’un mouvement social fédérateur car les
gens s’y retrouveraient, ça les rassurerait. Voilà même que des réacs de
gauche qui tentent depuis longtemps de capitaliser sur l’identité comme
Bouteldja, s’attaquent maintenant à ressusciter le patriotisme français,
qui aurait été dissous par la mondialisation et qu’il s’agirait de
ressusciter et faire de celui-ci la nouvelle voie vers la révolution
(une révolution qui serait faite avec LFI donc…), par le concept fumeux
de “communisme patriote” (quelqu’un lui a dit qu’on avait déjà le PRCF
pour ça et que ça a toujours été de la merde stalinienne?) ou du Frexit
décolonial.
Mais fédérateur de qui ? Des français… Argh ! Et pour quoi faire ? De la
France… Beurk !
Est invoquée alors l’histoire des luttes, des gilets jaunes à la Commune
en passant par la Révolution Française, pour expliquer combien la
France, pourrait être, ou est déjà, ou a toujours été, le véritable
outil qui nous émancipera du Capital, ou en tout cas, qu’elle est un
passage (éternel?) obligé pour mener à un soulèvement.
Mais ces mouvements évoqués ne peuvent évidemment pas être résumés par
leurs composantes patriotes ou nationalistes, en conflit avec d’autres
composantes. C’est du rackett politique que de faire croire que ce qui a
mis en mouvement ceux qui se sont révoltés est un affect patriote.
La nation peut-elle être révolutionnaire ? Certainement oui, si l’on
comprend la révolution comme ce qu’elle a déjà été dans d’autres époques
comme en URSS, mais une révolution nationale et nationaliste,
nécessairement autoritaire par conséquent, ne nous émanciperait pas de
l’État, de ses frontières, de sa police, de sa justice, de ses papiers
et des exclus qu’elle crée tous les jours à la pelle.
Venez donc le 4 avril à 19h30 pour réfléchir à la montée contemporaine
du nationalisme, discuter des impasses où elle conduit les mouvements
sociaux, et surtout pour réfléchir à des façons actuelles et urgentes de
s’opposer à ces discours et ces pratiques, pour cracher sur la France et
toutes les nations !