Le retour de Karen
En 2018, Emil Ferris et son alter ego loup-garou, Karen Reyes, surgissaient dans notre horizon pour soudain tout éclairer d’une lumière noire, gothique et pop. Nous offrant plus qu’un livre, elles nous ont ouvert un monde, où se redéfinissait la figure du Monstre. À travers Karen, petite lycanthrope en trench, Emil nous a marqués à jamais. Ce deuxième livre poursuit l’histoire où elle s’est arrêtée.
Pour le moment, aucune édition collector n’est prévue avant l’année prochaine.
L’EXISTENCE DE KAREN REYES EST TOUJOURS PLEINE DE TÉNÉBREUX MYSTÈRES
Le meurtre d’Anka Silverberg, la muse sombre et survivante de l’Holocauste de Karen Reyes n’a toujours pas été élucidé. L’arrestation de son voisin, la gangster Kiri Jack Gronan, a soulevé un coin du voile noir qui flotte sur son quartier, dans les années 1960, laissant entrevoir un monde en ébullition constitué de prostituées et de truands, d’êtres fantomatiques et de hippies. Et la mort de sa tendre maman a laissé un vide sidéral dans l’âme déjà chamboulée de Karen. Mais Uptown n’attend pas…
Notre petite artiste doit désormais faire face à une vie nouvelle où tout tremble et vacille, et dans laquelle même les quelques certitudes qu’elle avait semblent sur le point de voler en éclats. Mais Karen est un être farouche – 1/3 loup-garou, 1/3 détective, 1/3 enflammée. Toute de curiosité, d’imagination et de compassion, elle veut désormais bannir de son existence les tabous et les mensonges censés la protéger mais qui ont fini par empoisonner ses rêves.
Heureusement que son frère Deeze, artiste contrarié au passé trouble, est encore là pour la protéger des menaces invisibles qui pèsent sur elle, et ce, quoi qu’il en coûte, même s’il est obligé de franchir la ligne rouge et faire des choix moralement plus qu’inacceptables. Mais pour combien de temps pourra-t-il encore la protéger ? Car il est sur le point d’être mobilisé et envoyé au Vietnam.
UNE SUITE TANT ATTENDUE
Dans ce deuxième tome, l’artiste-autrice explore avec Karen le début de l’âge adulte et la puberté:: ce moment où l’on voit tant de nouvelles choses incompréhensibles tant le monde semble sens dessus dessous.
À travers les pages hantées de présages de son journal intime, Karen va essayer de percer les secrets qui la tourmentent et d’emprunter le chemin de la métamorphose. Elle devra prendre des décisions délicates qui la mèneront à comprendre que, dans ce monde de chaos, de bons et de mauvais monstres, réside encore la possibilité, fragile, de l’amour.
Portrait émouvant d’une jeune fille en éveil bousculée par les tragédies, et à la recherche d’elle-même, ce deuxième livre développe l’univers de Karen et de ses monstres, en mêlant Histoire, horreur et beaux-arts.
Et tandis que les scènes s’enchaînent et que les détails émergent du réseau arachnéen des fines lignes colorées de son stylo, Emil Ferris nous montre ce qui se cache sous les surfaces –:des visages, des créatures, des malveillants:– et nous entraîne dans un incroyable théâtre de l’imaginaire. Avec brio, Emil Ferris propose dans ce deuxième opus une expérience rare:: celle de revivre le kaléidoscope des émotions de l’adolescence .
EMIL FERRIS, UNE FEMME PUISSANTE

En 2002, Emil Ferris (née en 1962 à Chicago), mère célibataire et illustratrice , gagne sa vie en dessinant des jouets et en participant à la production de films d’animation. Lors de la fête de son quarantième anniversaire avec des amis, elle se fait piquer par un moustique et ne reprendra ses esprits que trois semaines plus tard, à l’hôpital. On lui a diagnostiqué une méningo-encéphalite : elle est frappée par une forme grave du syndrome du nil occidental. Les médecins lui annoncent qu’elle ne pourra sans doute plus jamais marcher. Pire encore, sa main droite, celle qui lui permet de dessiner, n’est plus capable de tenir un stylo.
Alors qu’elle ne se voit plus aucun avenir, les femmes fortes à ses côtés l’encouragent – la thérapeute en charge de sa rééducation, ses amies et sa fille –, et Emil décide de se battre. Elle va jusqu’à scotcher un stylo à sa main pour dessiner , ce qui lui prend un temps fou… Mais à force de persévérance, elle s’améliore. Emil décide de prendre un nouveau départ et s’ inscrit au Chicago Art Institute, dont elle sortira, avec son diplôme, d’un pas déterminé.

C’est à cette époque qu’elle commence l’écriture d’un roman graphique. Elle mettra six ans à réaliser cette œuvre de 800 pages. Après de nombreux refus, la première partie du livre sort en 2017, sous le nom de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres.
Du jour au lendemain, Emil Ferris est propulsée parmi les «:monstres:» sacrés de la bande dessinée. Tandis que les récompenses et les réimpressions s’enchaînent, c’est unanime : il s’agit d’un chef-d’œuvre. En 2024, sept ans plus tard, après de rocambolesques aléas, le deuxième livre voit le jour, en attendant un préquel et une troisième partie.
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1/02/2025
