Blog » 31 juil 2008 - 0 commentaires

HUMAINS !

HUMAINS !

 

Vous n’avez qu’un ennemi. C’est le plus dépravé de tous. La tuberculose et la syphilis sont des fléaux terribles qui font souffrir l’homme. Mais il existe un fléau plus dévastateur que la peste qui ravage le corps et l’âme de l’homme, une épidémie incomparablement plus terrible, plus sournoise et plus pernicieuse : j’ai nommé la presse, cette catin publique. Toute révolution, toute libération de l’homme manque son but si on ne commence pas par anéantir sans pitié la presse. Tous les péchés seront remis à l’homme, mais le péché contre l’esprit lui seras jamais pardonné. Anéantisez la presse, chassez de la communauté des homes ses maquereaux à coups de fouet, et tous vos péchés vous seront remis, ceux que vous commettez et ceux que vous n’avez pas encore commis. Pas une réunion, pas une assemblée d’êtres humains ne doit se dérouler sans que retentisse la déflagration de votre cri :

 

Anéantissez la presse !

Der Ziegelbrenner n°15, 30 janvier 1919

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Blog » 31 juil 2008 - 0 commentaires

La fille derrière la salle de bains

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Blog » 28 juil 2008 - 0 commentaires

BULLETIN des “AMIS de SAINT-POL-ROUX”

Couleur lilas, le voilà ! Le Bulletin des Amis de Saint-Paul-Roux est sorti avec 20 pages dédiées au premier recueil du Magnifique : Les Reposoirs de la Procession, paru en 1893. Y sont reproduits tous les comptes rendus, retrouvés, qui lui furent consacrés dans les périodiques de l’époque.

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Blog » 27 juil 2008 - 0 commentaires

Suctustupration

 

Mot savant d’origine récente inventé par les sexologues pour désigner la pratique qu’ont les femmes de tirer des sensations  voluptueuses en suçant elles-mêmes le bout de leurs seins. Il apparaît de toute évidence que cette gymnastique d’autosatisfaction n’est pas permise à toutes, et dépend largement du volume des seins, de la flexibilité du cou et de la souplesse des vertèbres cervicales.

Par extension, le mot désigne de plus en plus couramment toutes les formes d’auto-érotisme féminin en direction des seins. Si une certaine raideur empêche de pratiquer la suctustupration, on peut toujours s’en remettre à un autre. Comme Pierre Louÿs nous le suggère dans sa célèbre Chanson de Bilitis : “Aime-les bien me dit-elle, je les aime tant. Ce sont des chéris, des petits enfants . Je m’occupe d’eux quand je suis seule. Je joue avec eux, je leur fais plaisir (…) Soit leur nourrisson, mon amour, et puisqu’ils sont si loin de ma bouche, donne-leur des baisers de ma part.”

Martin Monestier, Encyclopédie historique et bizarre des gorges, mamelles, poitrines, pis et autres tétons, des origines à nos jours. 

 

Blog » 25 juil 2008 - 0 commentaires

Mauvaise

Voici une chronique lue dans le skinzine lillois Mauvaise :

 

 

Emile Cohl et André Gill

Finitude est une maison d’édition bordelaise qui donne, entre autres joyeusetés, dans le fin-de-siècle avec notamment cet Art de se conduire dans la société des Pauvres Bougres enseigné aux gens du monde, écrit par une mystérieuse Comtesse de Rottenville et initialement publié dans un recueil intitulé La Muse à bibi, en 1879. En fait se cache derrière les jupes de la comtesse éructante un des caricaturistes les plus en vue de la fin du dix-neuvième siècle, André Gill (1840-1885) qui ici, enseigne au bourge l’art de se conduire chez le prolo. André Gill a commencé à publier ses caricatures dans Le Hanneton, « journal des toqués » avant de rejoindre les rangs de l‘Hydropathe et du Chat Noir. L’anecdote raconte qu’il a peint une enseigne pour un cabaret Montmartrois s’appelant « A ma campagne » (après s’être appelé « Au rendez-vous des voleurs » et « le Cabaret des assassins »), en représentant un lapin dans une casserole, un litre de vin à la main. Le « lapin à Gill » est devenu avec le temps « Le lapin agile ». Bref. Le gus a de l’humour, tellement que ça l’a conduit à l’asile de Charenton après qu’il ait tenté de délivrer Blanqui qui, à l’époque, il faut le préciser, était déjà mort depuis plus d’un an.

 

Dans ce petit opuscule, édité à compte d’auteur (à l’enseigne de la « Librairie des Abrutis »), Gill renoue avec la tradition -très dix-huitième- des traités de savoir-vivre. Généralement, ces ouvrages ont pour tâche d’éduquer l’homme du peuple, en lui confiant les règles de bonne conduite qu’il convient de respecter lorsqu’on évolue dans la Haute. Ici, c’est tout le contraire. Gill donne une série de conseils avisés au bourge aventurier qui désire s’asseoir à la table du menu peuple et surtout à celui qui ne veut pas se faire botter le cul par le travailleur. En dernier ressort, s’il ne peut éviter la beigne, il lui apprend à la recevoir dignement, non pas en regard de sa condition d’honnête homme, mais aux yeux du prolo, puisque l’auteur prend soin, avec toute l’ironie qui caractérise sa plume, de souligner que ce dernier a bien plus de morale et d’honneur, en définitive, que ceux et celles qui l’exploitent. (Par ailleurs, si on peut se permettre, ce n’est pas sa qualité première, pas plus que la fierté d’être exploité. On peut être fier d’être prolétaire et vouloir la fin du prolétariat ! N’est-ce pas les ami-es ?) Allez ! Quelques extraits pour la route :

 

« Une supposition que l’honnête prolétaire vous invite à dîner. Ca n’est pas probable, mais enfin ! Je suppose. Faut tâcher de vous tenir ». « Lorsque vous rencontrerez un travailleur de votre connaissance, commencez par lui foutre une vigoureuse poignée de main. Après, ne vous essuyer pas la pince à votre mouchoir ou votre paletot, vous auriez l’air de dire que le pauvre bougre a les mains sales. Au contraire, soyez heureux d’avoir pu frotter vos pattes de feignant aux crânes abattis du peuple. Si l’honnête prolétaire vous offre une tournée, vous devez l’accepter sans faire le malin, san s parler de votre estomac ruiné. Si vous n’êtes qu’une andouille, c’est pas la peine de le faire voir ».

 

 Ou enfin, « Sot et suffisant comme vous l’êtes, il vous arrivera plus d’une fois de froisser ou d’insulter le prolétaire. S’il vous en demande raison, faut lui en rendre raison. S’il vous propose de sortir, faut sortir. Evidemment, la perspective d’une ratapiaule vous fera ch..anceler dans vos calintes. N’importe ; vous avez manqué à un homme qui vaut mieux que vous ; faut se foutre un coup de torchon. »

 

« Après ça, vous ferez pas mal de rappliquer à votre turne, et de vous coller au pieu. Vous serez probablement moulu et courbaturé une quinzaine… Mais vous aurez la consolation de vous dire : -Je me suis conduit proprement. Une fois n’est pas coutume. »

 

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